" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

mardi 9 décembre 2014

Jean Echenoz : " Courir "



Et dire qu’au début, il n’aimait pas du tout le sport, l’Emil. Et puis cela lui est venu. Très vite, on le surnomme : «  La Locomotive » ;  l’homme qui court le plus vite au monde dans les années ’40-’50. Le 3 mille mètres, le 5 mille, le marathon, ce Tchécoslovaque  est le premier partout, il pulvérise tous les superlatifs. Il n’a pas de médecin attitré, ni de masseur, il fait bien tout cela lui-même. Il fait le contraire de tous les autres coureurs, pas pour la provoc, mais parce que pour lui, cela coule de source. Question style, il ne fait pas dans l’élégance : il souffre, donc il grimace, et le montre au public, aux photographes, aux caméras de télévision.

L’excellent Jean Echenoz revisite – oh si peu ! – l’incroyable biographie d’Emile Zatopek, l’homme qui détestait courir, avec en champ de vision, le dos de ses adversaires…

On imagine Jean Echenoz raconter, à sa façon, la vie d’Eddy Merckx. Ou, comme il est Français, celle de Jacques Anquetil, ou mieux encore celle de Raymond Poulidor, l’éternel second. Je rêve qu’il « refasse » la bio d’Eric Satie …


Extraits :


-  Un jour on calculera que, rien qu’en entraînements, Emile aura couru trois fois le tour de la Terre.

- Sa curiosité le pousse quand même aussi à visiter le zoo de Berne où Emile se réjouit de voir enfin des singes, espèce qui n’a pas encore droit de séjour en Tchécoslovaquie. Mais les singes ont l’air méchant, aigris ,amers, perpétuellement vexés d’avoir raté l’humanité d’un quart de poil. Ça les obsède à l’évidence, ils ne pensent qu’à ça.




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