" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

vendredi 19 décembre 2014

Je me souviens de la rue Sur-La-Fontaine à Liège dans les années '70



                                                   une façade de la rue

Je me souviens de la place de la rue Sur-La-Fontaine, de son café que, sans doute de mauvaises langues,  me disaient mal famé, de la petite épicerie (à cet endroit s’érigent maintenant un centre de fitness) 

Je me souviens du coiffeur Jean-Pierre du numéro 36  (qui reçut rarement ma visite car, à cet époque, l’on portait le cheveu long, 365 jours par an) 


                                            Rue Sur-La-Fontaine, n° 38

Je me souviens du n° 38 de la rue Sur-La -Fontaine et pour cause c’est là que je créchais. Au rez-de-chaussée, Fernand Oly, sans doute célibataire ou divorcé, pensionné de chez Cockerill. Il aimait, par temps chaud, se trimballer dans l’immeuble,  vêtu seulement d’un grand caleçon couleur kaki (le tableau était … cocasse). L’homme était poilu comme un ours. Il avait une perruche nommée «  Vî Paletôt ». Toujours au rez-de-chaussée, Louis Binkom, très âgé, quasi impotent, qui restait toute la journée près d’une cuisinière au charbon dans une atmosphère perpétuellement surchauffée. On l’avait placé dans cet endroit qui avait jadis servi de débarras et de remise à charbon ( à l’époque, on faisait feu de tout bois). Au premier, Antonio, bel italien (il se croyait tel en tout cas) , dragueur invétéré, avec à son bras la belle Ginetta. Au même étage, un algérien du nom de Agazgsa Belkacem, discret fréquentant les cafés d’Outremeuse. Au second votre serviteur, dans une chambre garnie. Quand j’appris que l’immeuble fut jadis une maison de passe ( euphémisme !), je me sentis … tout chose. Sur le même palier, Mani Mohamed, également d’origine algérienne, tout aussi discret et qui rentrait parfois bien imbibé. Et là-haut, sur la mansarde, un pauvre bougre, logé à la selon, sans chauffage, ni eau, ni électricité. Il semblait passer ses journées au café «  Le Luxembourg » , rue Varin. Etant nettement le plus jeune de la bande, je crois qu’ils sont tous morts …

Je me souviens de l’épicerie, tout à côté, au numéro 40, tenue par une assez vieille dame qui avait des jambes énormes (sans doute remplie d’eau) et qui marchait à petits pas

Je me souviens du dentiste au numéro 50.  Il me soigna d’un abcès sous une molaire à l’époque où sortit l’album le plus élaboré de Jacques Brel «  Les Marquises «, en 1977

- Je me souviens de l’atelier appartenant à la Meuse situé au numéro   … où,  chaque mois j’allais porter mon loyer dans une enveloppe

Je me souviens de madame Willems, habitant au numéro 64.  Elle était plus que farouchement anti-royaliste. De tous les royaumes et de celui de Belgique en particulier. Sur la vitrine de son rez-de-chaussée, elle affichait des articles de journaux dénonçant des scandales. Son dazibao était renouvelé quasiment chaque semaine. Elle me harponnait ici ou là dans le quartier me disant : « Avez-vous vu ma vitrine ? ». Des pareilles on n’en fait plus…

Je me souviens du numéro 82 où habitait, au premier étage, ma p’tite amie de l’époque ; de l’épicerie un peu plus loin


                                            Bon'd'jou, Poldine !

Je souviens de la marchande ambulante des quatre saisons, la célèbre Poldine , qui s’installait au coin des rues de la Fontaine et de St-Gilles ; je me souviens de la librairie ; du café qui faisait le coin (je le fréquentais déjà à partir de 1965) dont je ne me souviens plus du nom (j’ai la mémoire qui flanche ..) ; je me souviens  du café juste en face : «  Les Carmes « même que notre cama Jojo s’y pendit  dans les toilettes, en 1978. «  Six pieds sous terre, Jojo, tu n’es pas mort … « 

Je me souviens du «  Boui-Boui » au numéro 172 du boulevard de la Saufnière, un café musical, où j’ai passé des milliards d’heures …

Je me souviens du magasin de matériel électrique, rue Frère Michel
Je me souviens d’un certain numéro de la place des Béguinages où une dame recevait les messieurs pour des massages un peu spéciaux,  … ; sur la même place, je me souviens du pharmacien qui adorait mon nom de famille

Je me souviens …


Tout cela par écrit de peur, d’un jour, tout oublier …

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire