" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

samedi 11 octobre 2014

François Duysinx : " Les horloges di Lîdge "


François Duysinx

Pour la petite histoire, in illo temporé,  j’écoutais sur les ondes d’une station locale  de la province de Luxembourg (dont je faisais partie d’ailleurs, hum !), « Radio Beho »,  pour la nommer, une émission intitulée «  Les talents régionaux » présentée par Arsène Collin, professeur et musicien . Il aimait programmer des chansons de François Duysinx, grand compositeur wallon devant l’Eternel. Voici quelques-unes de ses chansons, dont une perle parmi les perles : «  Les horloges di Lîdge ».

Pardonnez la piètre qualité sonore ! En effet ce que vous pouvez entendre plus bas a été piqué et repiqué sur K7, puis enregistré sur un bête téléphone. Mais comme on dit : vaut mieux ça que rien du tout !





Voici une traduction plus qu’approximative  des «  Horloges dî Lîdge ». Si l’un ou l’une d’entre vous peut en effectuer une meilleure, je suis prenant. Merci !

                                           «  Les horloges di Lîdge » de François Duysinx

L’autre semaine, afin d’aller faire une course à Saint-Gilles et encore plus loin, je pris le tram à Coronmeuse car j’habite dans les environs. Comme ma montre était arrêtée, je me dis « je vais la remettre à l’heure à Sainte-Foy » . Quand on a fini sa journée, on n’est pas sur une minute ou deux.
Place Sainte-Foy, l’horloge de la Fonderie des canons, c’est-assez-dire à côté de l’église, marquait 7 heures et demi au moins. Je prends mon chronomètre, je le remonte.
 (…)
A la Renommée, au coin de la rue Marengo, il n’était pas 7 heures et demi, oh ça non ! J’en aurai le cœur net sur la place Maghin, mais là, je me regardai tout penaud : plus d’aiguille, on les refait sûrement.
En me disant : «  ben en voilà une affaire ! « , enfin je saurai bien l’heure tôt ou tard, j’entends Saint-Barthélemy qui carillonne. Vous savez quoi ? : il est 7 heure et quart. Voilà qu’on se dirige vers l’Hôtel de Ville mais voilà qu’une fois sur le Marché, - vous allez dire que je bas la breloque - : il est 7 heures.
Arrivé à Sainte-Craque, il est minuit ou douze heures à dîner, mais comme c’est une très vieille patraque, je ne fus pas étonné. Enfin on continue encore un peu et nous arrivons au Pont d’Avroy, croyez-moi bien, saperlipopette ! : il n’est que 6 heures 52.
Puis je regardai l’horloge électrique devant le Charlemagne sur le boulevard, c’était encore la même mécanique : elle marquait 6 heures ¾ . J’arrivai encore un peu plus jeune au coin de la rue des Guillemins, mais là cela ne valait pas la peine : il n’était que 6 heures 35 seulement.
Ce coup-là, bienheureuse Saint –Bore, je commençai en avoir assez, heureusement j’allai arriver à la gare et là je serais fixé. Enfin, j’aperçus la grande horloge devant l’entrée de la station. Ah ouais, voilà la grande aiguille qui bouge : 6 heures et demi ni plus ni moins.
C’était-là que je devais descendre mais l’allai jusqu’au terminus car j’étais fort curieux d’apprendre si je gagnerais une minute ou plus. Je vis sur la place de Fragnée que l’horloge allait couci-couça : comme ses sœurs de la chaussée : il n’était que 6 heures 25.
En descendant, je me dis que c’était bien dommage que le tram n’allait pas plus loin, car j’aurais, sûr, si je le prenais, rajeuni quelques heures, pour le moins. Et si j’allais encore plus loin, ce serait encore plus mieux : avec le premier tram, par exemple, j’ arriverais le jour d’avant …




Quelques mots sur François Duysinx ici :




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                      " Li colette " de François Duysinx, interprétée par Pierre Thonard


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« François a presque 65 ans. Il est professeur de latin et grec à l’Athénée de Stavelot. Il est considéré comme un véritable penseur à la mode de Platon ou Socrate. Chaque mardi, il quitte Stavelot pour Liège où il enseigne la musicologie. Comme il ne voyage qu’en train, il part la veille au soir, va loger chez sa vieille «  Tante amour ». Puis il continue son chemin vers Bruxelles où il est professeur d’art et de musique. En passant par Louvain-la-Neuve, il rentre enfin à Stavelot achever sa semaine avec Homère, Sophocle, Aristote et ses élèves de poésie et de rhétorique. C’est un professeur généreux, il a le souci de la communication. Entre tout cela, François passe ses loisirs à apprendre Mozart et Rogister à ses amis musiciens amateurs de le «  Petite symphonie de Stavelot » « 

                             Source : «  L’Avenir du Luxembourg », 29 juillet 1980

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" La Meuse " , mardi 28 janvier 1997

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En bonus . Les horloges publiques que vous pouvez découvrir lors de vos promenades dans notre bonne ville de Liège :





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