" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

vendredi 1 août 2014

Jean d'Ormesson : " Comme un chant d'espérance "




Quand Muriel Cerf sortait un bouquin, elle le qualifiait de «  roman «. Or c’était bien plus de la poésie que de la fiction qu’elle écrivait. C'était une astuce pour pouvoir mieux les vendre. C’est un peu le même principe en ce qui concerne Jean d’Ormesson- bien que son seul nom suffit largement pour atteindre des ventes plus que raisonnables-. Ainsi il qualifie son dernier ouvrage, ici présent, de «  roman «, alors qu’il s’agit plutôt d’un long poème sur Dieu.

Quelle réussite et quel brio (une fois de plus) !

Extraits :

-  - Dieu, bien entendu, n’est ni un homme ni une femme, ni un Blanc, ni un Noir, ni un Rouge, ni un Jaune, ni un vieillard, ni un enfant. Il n’est pas un fantôme. Il n’est pas une apparition. Il n’est sûrement pas un miracle : le miracle, ce n’est pas lui, ce sont ses créatures. Il n’est pas un éclair, il n’est pas un trait de lumière et il n’est ni une ombre ni une forêt obscure. Dieu ne peut pas être exprimé par les mots dont nous nous servons sur ce grain de poussière minuscule, perdu dans le gigantesque univers, où nous avons surgi.

- Au-delà du mur de Planck, nos lois ne sont plus valables (…) comme si un malin génie jaillissait tout à coup au seuil de notre univers sur le point de voir le jour en brandissant une pancarte : «  Au-delà de cette limite, votre science n’a plus cours. »

-  (…) ce que défend Flaubert, c’est le style. Les livres ne survivent pas grâce aux histoires qu’ils racontent. Ils survivent grâce à la façon dont elles sont racontées. La littérature est d’abord un style.

-  La vérité est que sur l’avant-notre-monde comme sur l’après-notre-mort nous ne savons rien.

-  Le coup de génie de Dieu est d’avoir créé l’espace et d’avoir créé le temps.

- L’immense avantage de Dieu, qui est si peu vraisemblable, est de donner au monde, invraisemblable lui aussi, une espèce de cohérence et quelque chose qui ressemble à l’espérance.

- Je ne suis pas loin de penser qu’il n’y a que l’insensé pour dire : «  Il n’y a pas de Dieu. »

-  (Prière de Jean d’Ormesson)
«  J’ai aimé Dieu, qui n’est rien aux yeux des hommes qui ne sont rien. Je n’ai détesté ni les hommes ni les femmes. Et j’ai aimé la vie qui est beaucoup moins que rien, mais qui est tout pour nous. Je chanterai maintenant la beauté de ce monde qui est notre tout fragile, passager, fluctuant, et qui est notre seul trésor pour nous autres, pauvres hommes, aveuglés par l’orgueil, condamnés à l’éphémère, emportés dans le temps et dans ce présent éternel qui finira bien, un jour ou l’autre, par s’écrouler à jamais dans le néant de Dieu et dans sa gloire cachée. »

-  Souvent anglais, parfois allemands, de grands esprits ont soutenu que le monde n’existe que parce que nous le percevons.


-  Puisque rien ne peut sortir de rien, comment l’univers peut-il sortir du néant ? La question agite les hommes depuis qu’ils sont capables de penser. Et ils ont inventé mille fables et d’innombrables subterfuges pour éviter l’invraisemblable vérité : Dieu tire le monde de rien, c’est-à-dire de lui-même.

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Une interview :




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«  Présent partout, éternellement absent, Dieu se dissimule dans ce monde. Chacun peut en dresser, comme un chant d’espérance (…) voici ma liste qui vaut ce qu’elle vaut et sûrement pas davantage. »

-  " La cantate du café " de Bach :

https://www.youtube.com/watch?v=Hi1PY0N3iGs

-  " La présentation de la Vierge au temple " par Titien



-  «  Messe en si «  de Bach :




-   Presque tout Baudelaire :



- Plusieurs poèmes de Verlaine :



 - Plusieurs poèmes d’Aragon :




 -  Plusieurs poèmes d’Apollinaire :


-  " Sur l'eau " de Manet




etc... etc... voir les pages 105 à 108

et, pour finir,  encore une interview :




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