" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

lundi 30 juin 2014

Georges Simenon : " Maigret et le marchand de vin "




Oscar Chabut est un marchand de vin, comprenez que ce qu’il offre sur le marché n’est pas de la haute qualité, mais plutôt de la piquette. Il s’en fiche : les affaires marchent du tonnerre. Il méprise tout son personnel, couche avec les  toutes ses secrétaires ainsi qu’avec la plupart des femmes de ses amis ou relations. C’est un de ses employés, qu’il humilie depuis si longtemps, qui le flinguera de plusieurs balles, alors que cette crapule de Chabut sort d’une maison de rendez-vous. Le meurtrier finira par se rendre chez le commissaire. Il faut dire qu’ils sont tous deux au bout de leur rouleau : l’assassin qui n’en peut plus d’être traqué et Maigret qui s’est chopé un méchant rhume. Face à face, ils boiront plusieurs grogs servis par la brave madame Maigret.


Extraits :

-  C’était un timide et c’est à cause de cette timidité qu’il éprouvait le besoin de se rassurer. Et rien ne le rassurait davantage que de savoir qu’il pouvait avoir la plupart des femmes.

-    ( Tout ce qui suit est quasi d’affilée)


Il avait la bouche pâteuse et il se demandait ce qu’il allait boire. Parce que la veille il avait pris un verre de rhum, il en commanda un. En réalité il en but deux, car le verre était petit. (…) Qu’est-ce qu’il y avait à manger ? «  - Du foie de veau à la bourgeoise. « C’était un de ses plats favoris. (…) C’était encore froid, le lendemain, qu’il préférait le foie de veau. Comme dessert, il mangea des noix, des figues et des amandes. Il n’avait bu que deux verres de bordeaux. (…) « - Prends une aspirine avant de partir «  lui dit madame Maigret. Docilement, il en prit une puis, pour en faire passer le goût, il se versa un tout petit verre de prunelle d’Alsace que leur envoyait sa belle-sœur. (…) Il choisit une de ses pipes rangées sur le bureau, la plus légère, et la bourra lentement. (…) Il finit par boire un peu de la fine champagne qu’il avait toujours en réserve dans son placard. (…) «  - Je crois que je vais m’offrir comme apéritif un petit verre de prunelle. » . Elle ne lui déconseilla pas et il ouvrit le buffet. Il avait le choix entre la prunelle et l’eau-de-vie de framboise. (…) Il se versa un petit verre de prunelle. « - Tu ne crois pas que cela va te donner chaud ? « .  «  - On boit bien des grogs contre la grippe. »

4 commentaires:

  1. Cette histoire donne un bon exemple de la sympathie et de la pitié que Maigret éprouve souvent pour des criminels.

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  2. Oui, David, et cela lui est arrivé dans plusieurs romans d'éprouver une certaine sympathie pour les criminels.
    Encore un autre extrait :
    Pigou à Maigret : "- Vous êtes gentil comme ça avec tous les criminels ? "
    Maigret : " - Je peux être très méchant aussi . "
    Pigou : " - Avec quel genre de gens, par exemple ? "
    Maigret : " - Des hommes comme Oscar Chabut. "

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  3. Et, de façon similaire, parfois Maigret laisser agir les criminels. Par exemple, dans l’affaire Maigret aux assises, face à l’horreur d’une enfant assassinée, âgée de quatre ans, étouffée sous des coussins de soie sur un canapé, le policier s’était vengé délibérément sur l’assassin. Bien conscient de l’événement à venir, il n’avait pas bougé pendant qu’un autre homme en colère, poussé par la jalousie, avait traqué et descendu le tueur de la petite innocente.

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  4. Oui, David, et il faudra absolument que je lise ce fameux " Maigret aux assises " ...

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