" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

samedi 9 novembre 2013

Liége en 1914





                           Troupes allemandes début août 1914 sur la place Saint-Lambert

                       En vrac :

- La Meuse, lundi 5 janvier 1914
Union des accoucheuses de la province de Liége. L’inauguration des séances de perfectionnement aura lieu ce jeudi 8 janvier à 3 heures ½ à l’école moyenne professionnelle de la rue Hazinelle à Liége. (…)



- Mardi 20 janvier 1914
Diverses actions dont des conférences sont organisées dans la salle académique de l’Université par l’union des femmes belges contre l’alcoolisme. (…)

-  La Meuse, jeudi 22 janvier
Le comité de la Ligue Antiflamingante a tenu, lundi soir, une très importante séance en son local du petit Trianon, rue St-Gilles, 425. (…)

-  Lundi 22 février 1914
«  Le Vieux Liége «  fête son 20 ème anniversaire. (…)

- Lundi 9 mars 1914
L’établissement des Bains Grétry est à vendre, les charges financières étant trop lourdes. (…)

- La Meuse, vendredi 8 mai 1914
Le corso fleuri d’enfants du 17 de ce mois dans le beau parc de la Citadelle à l’occasion de la fête du printemps est assuré, dès à présent, d’un beau succès. (…)




-  La Meuse, dimanche 24 mai 1914
Les élections législatives du 24 mai 1914. Brillante victoire libérale à Liége et dans le pays. Sensible recul clérical. (…)







- Juin 1914, incendie de la Linière du quai Saint-Léonard

A suivre >>>>>>>>>>>>

- La Meuse, vendredi 8 janvier 1914
Conscrits de la classe 1914 et 1915. Voulez-vous que la vie militaire vous semble plus douce, plus agréable ? Venez à la section de Préparation Militaire des ex-Militaires de tous grades de Liége. C’est une école du patriotisme, de santé, de bonne humeur. Par votre effort volontaire, vous apprendrez la discipline qui fortifie le caractère, le devoir qui rend noble (…) Pour tous renseignements et inscription s’adresser à M. Demoulin, rue Natalis, 17 et à Mr Arthur Libotte, rue Ste-Julienne, n° 90 à Liége

-  La Meuse, samedi 24 janvier 1914
La fête des chauffoirs et de la bouchée de pain au Kursal, rue Pont-d’île. Il s’agit, comme on le sait, de venir en aide à une œuvre dont les ressources sont aujourd’hui précaires alors que le froid sévit. Il y a  donc, pour les Liégeois, un beau geste de charité à faire.



- La Meuse mercredi 11 février 1914
Œuvre de soupe scolaire. Née en 1901 d’un élan de philanthropie d’un groupe d’amis, l’œuvre de la Soupe Scolaire fait participer 3.000 enfants à ses distributions quotidiennes de soupe. Pour le mois d’octobre, il fut distribué 111 mille 314 litres de soupe ce qui représente 220.447 portions (…)

- La Meuse, mercredi 11 mars 1914
Devoir de la population civile en temps de guerre. Si un jour, nos troupes devaient assumer la noble mais lourde tâche de défendre le sol de la Patrie et la vie de nos femmes et nos enfants, tout Belge aurait, certes, à cœur de faciliter leur mission, d’en atténuer les fatigues et privations. (…)

- La Meuse, lundi 27 avril 1914
Les ballons allemands en Wallonie. Pendant la journée de dimanche, la contrée de Theux-Juslenville a été visitée par des ballons allemands. Il fut d’abord donné à voir quelques ballons d’essai, pourvus de drapeaux et volant à très haute altitude, puis, vers 4 heures, un ballon pourvu de nacelle.(…)                                  ( commentaire de 2014 : c’est louche !)

-  La Meuse, mercredi 6 mai 1914
Traitez les animaux avec douceur. On nous écrit : «  Il faut croire que l’excellente Société Protectrice des Animaux n’est pas suffisamment sévère, malgré sa vigilance, pour ces misérables charretiers qui frappent leurs chevaux sans le moindre discernement, car, ces derniers jours, les habitants de l’avenue de l’Observatoire étaient encore indignés de la conduite de certains charretiers frappant courageusement leurs chevaux qui ne parvenaient pas à gravir cette pénible avenue, traînant de lourds chariots de graviers blancs. (…)

-  La Meuse, 25 mai 1914
Rentrée de troupes. La classe de 1912 de l’infanterie a été rappelée sous les armes samedi et les miliciens ont regagné leurs casernes respectives ce dimanche après-midi. A Liége, le 12è et le 14 è de ligne se trouvant au camp, on en a profité pour former les unités bis de ces régiments. (…)

- La Meuse, mercredi 1 er juillet 1914
Le premier départ des colonies liégeoises. Ce mercredi matin, vers 8 heures ½, une animation toute spéciale et particulièrement joyeuse, régnait à la gare des Guillemins. D’importants groupes d’enfants, fillettes et garçonnets, conduits par les instituteurs et les institutrices, s’embarquent à destination des colonies scolaires liégeoises qui sont établies à Franchimont et à Jehanster. (…)

-  La Meuse, samedi 14 juillet 1914
Un urinoir malpropre, nous écrit-on, c’est celui de la rue de la Montagne. Par ces temps de chaleurs torrides, il s’exhale une odeur pestilentielles capables de rendre malade tous les habitants des environs. C’est évidemment grave. Des mesures seront prises

- La Meuse, mardi 14 juillet 1914
La saison des «  cûtès peûres «  qui s’ouvre. Les premières marchandes des « cûtès peûres « qui, semble-t-il, sont quelque peu en avance sur l’année dernière, viennent de faire leur apparition dans nos quartiers populaires. (…)




- La Meuse, mercredi 15 juillet 1914
Il fait chaud. Tout le monde sue. Les chiens attelés laissent pendre des langues longues de 15 centimètres et se précipitent, tête baissée, sur les fontaines. Les arroseurs publics deviennent les dieux du moment. On leur pardonne tout, même lorsque, oh ! involontairement, ils vous envoient à travers les jambes le jet rafraîchissant. On voudrait se plonger dans l’eau, manger dans l’eau, dormir dans l’eau, manger dans l’eau. Ceux qui ont essayé en sont morts. Alors ! …

- La Meuse , samedi 16 et dimanche 17 juillet 1914

Vieilles fontaines. Nous constatons avec joie que nous possédons de vieilles fontaines. Elles alimentent un certain nombre de maisons. C’est ainsi que les fontaines Roland desservent 44 immeubles, les eaux de l’Areine de Messire Douffet 8 et les eaux de l’Areine de Richonfontaine, 77. Les maisons desservies par les eaux alimentaires sont au nombre de 22.302. Au total 22.432 immeubles alimentés.
Notre consommation d’eau en l’an 1913 se résume comme suit : la moyenne journalière amenée en ville a été de 20 mille 600 mètres pendant le premier semestre et de 26.610 mètres pendant le second. (…) On sera heureux d’apprendre que nous possédons 1.335 vannes de tous diamètres, 603 robinets de décharge et près de 2.700 bouches d’incendie. ( …) Le nombre de compteurs qui fonctionnent est d’environ 20.900 (…) Les compteurs d’eau sont une bonne affaire pour la caisse communale. Ils rapportent plus de 100.00 francs.


- La Meuse, samedi 18 juillet 1914
Le service d’électricité de la ville de Liége comptait en 1908 le nombre restreint de 252 abonnés. Au 30 juin 1913, il y en avait 1.056. La vente de courant pour la dernière période s’est élevée à 3.046.046 kwh. (…)

- La Meuse, samedi 18 juillet 1914
Nous avons 47 écoles primaires qui ont été fréquentées par 11.089 élèves ; les écoles d’adultes ou ménagères sont au nombre de 31 avec une population de 3.573 élèves ; 22 jardins d’enfants ont reçu 3.700 élèves. Les six établissements d’enseignement moyen ont eu 3.281 élèves ; les deux écoles normales 181, et les 14 écoles professionnelles 2.670 élèves. Les classes de vacances ont été fréquentées par 1.493 élèves ; 736 ont été envoyés en colonies de vacances. Les patronages laïcs des écoles communales au nombre de 19 ont été fréquentés par 3.897 élèves. Quant à la soupe scolaire, elle a coûté frs 21.822  ; on a distribué 156.769 litres de soupe à 2.800 élèves. (…)




- La Meuse, mardi 28 juillet 1914
La vie de  Liège – L’angoisse

Nous venons de vivre quelques instants d’angoisse. Jusqu’alors, la guerre n’était pour nous qu’une chose lointaine. Tout au plus, la voyions-nous sous un aspect divertissant ; elle variait le menu de nos lectures quotidiennes et les bons pères de famille en saisissaient l’occasion pour apprendre la géographie à leurs fils. Hélas ! voilà que tout d’un coup, cette question des Balkans dont nous ne nous sommes jamais préoccupés de connaître la portée exacte, menaçait de déchaîner autour de nous le fléau de la guerre. Et une angoisse nous a saisis.(…) A la place de cela, nous avons entrevu la misère, la claustration au logis, l’inquiétude des mères pour les fils, de femmes pour les maris, partis à la guerre. (…) Si cette lourde menace s’écarte définitivement, vous verrez que nous reprendrons un goût singulier à la vie. Il n’est pas mauvais parfois d’avoir de ces angoisses. On est souvent malheureux d’être trop heureux.    (signé) ELLER



-  La Meuse, mercredi 29 juillet 1914
 Les trois Liégeois du Tour de France reçus en héros. Rossius, Devroye et Coomans ont été accueillis par une foule d'admirateurs aux Guillemins. (...)

-  La Meuse , samedi 1 août 1914
La situation de notre caisse d’épargne en temps de crise. Les craintes et les alarmes du public en ce qui concerne notre situation financière sont tout à fait déraisonnables. C’est ainsi que certaines personnes retirent une partie de leur économie déposée à la Caisse d’Epargne. (…)



- Le Peuple, samedi 1 août 1914

* Vendredi matin, de nombreuses personnes se sont présentées dans les banques de la ville pour y retirer l’argent qu’elles avaient en dépôt. (…)

*  La place de Liège, sous la direction du général Leman, travaille fiévreusement à l’exécution des différentes mesures à la défense de la région. Actuellement, quatre régiments avec un effectif de 13.000 hommes sont casernés à Liège et dans les environs. (…)



- La Meuse, dimanche 2 août 1914

*  Le transport des chevaux réquisitionnés a continué toute la journée et toute la soirée. Un train spécial en a emmené une partie vers Louvain et Anvers. De nombreux groupes de ces animaux ont été conduits à la gare du Haut-pré et embarqués.


*  Nos dernières nouvelles. On a appris par nos éditions spéciales de l’après-midi et de la soirée de samedi les nouvelles des importants événements survenus à l’étranger. A 10 heures du soir, nous arrivait la nouvelle de la rupture diplomatique avec l’Allemagne, la Russie et la France, et, à 11 heures et demi, nous apprenions la déclaration de guerre de l’Allemagne à la Russie. A ce moment, il y a une foule de personnes devant nos bureaux, et en quelques minutes, cette édition spéciale était enlevée dans toute la ville par des passants et des clients des cafés, qui se mirent à commenter la nouvelle avec une extraordinaire animation. (…)

- La Meuse, dimanche 2 août 1914
L’état-major de la position fortifiée de la province de Liége informe les habitants qu’il reçoit tous les jours à ses bureaux rue Sainte-Foi (quartier Nord) les engagements de volontaires pour l’armée belge. (…)


- La Dernière Heure, mardi 4 août 1914

* L’ultimatum adressé à la Belgique par l’Allemagne. La réponse de la Belgique est nettement négative. (…)
* On ne téléphone plus – Le service téléphonique et télégraphique n’est plus accessible au service privé. Il a été entièrement réservé aux autorités militaires et au service diplomatique. Cette mesure a contribué à affoler la population.
* Le tocsin – Ce matin on a sonné le tocsin aux diverses églises pour convoquer la garde civique qui fait le service de police. Le canon a tonné dans plusieurs forts de l’enceinte, c’était un signal ou une expérience militaire. Il n’en a pas fallu plus pour faire supposer que les allemands avaient commencé l’investissement de la place. (…)

* Les aéroplanes militaires surveillent la frontière. Contrairement à ce qui a été dit, il est inexact que les troupes allemandes aient traversé la frontière. (…)








                                                   La Meuse du mercredi 5 août 1914


Les Allemands envahissent la Belgique – La défense du territoire – Les premiers engagements
(…)

* Pour la Patrie. C’en est fait : la bataille est engagée, et déjà les troupes ont résisté avec succès à la pénétration des forces allemandes sur notre sol. Nos braves soldats, conduits par des officiers intelligents et intrépides, ont fait merveille. Les forts de Pontisse et de Barchon ont admirablement soutenu l’action de nos troupes. (…)

* A Liège, une ovation indescriptible à la 11 è brigade. Il était 7 ½ , mardi soir, lorsque de nombreux groupes désertant place St-Lambert se ruèrent vers l’extrémité du terre-plein du côté du Palais. Dans une demi-obscurité, on apercevait un défilé. Qui passait là ? On s’en rendit bientôt compte. C’étaient les hommes de la 11 è brigade, commandés par le général Bertrand. Ils défilèrent, mais au milieu de quelles ovations, grand Dieu ! La foule, formant deux haies, se mis à pousser des cris d’enthousiasme, en agitant chapeaux et mouchoirs, interpelant officiers et soldats : » Allons, mes amis, en avant ! « Et le public, littéralement emballé, continuait : «  Quel plaisir de les voir ainsi marcher ! » Et d’autres disaient : «  I rotet avou cœur ! «  ou encore : «  Allons, camarades, flahi, savez là ! « Et les hommes chantaient et criaient : «  Vive la Belgique ! « Moment d’émotion profonde. (…)

*  Plusieurs établissements industriels du bassin de Liège – charbonnages compris – ont été fermés mardi. Ingénieurs, contremaîtres et ouvriers sont chargés de travaux divers autour des forts de Fléron, Chaudfontaine et Pontisse. Mardi après-midi, à partir de 5 heures, les voyageurs n’étaient plus admis sur les trams Est-Ouest. Ceux-ci ont transporté des escouades d’ouvrier vers Fléron.

*  Les préparatifs pour les blessés. Il y a , en ce moment, 250 lits à l’hôpital des Anglais, 150 à l’hôpital de Bavière et 700 à l’école des Rivageois.

* Les engagements. Les volontaires qui se présentent au bureau des engagements dans l’armée sont de plus en plus nombreux. Tous les propriétaires d’autos et de motos font preuve aussi de beau patriotisme en se mettant au service de l’armée.



- La Meuse, mercredi 5 août 1914, numéro du soir

*  Des troupes françaises sont en marche vers Liége. D’une information que nous croyons devoir tenir comme officielle. Il paraît que ce mercredi matin une brigade de dragons français se dirige vers Liége ; elle est précédée, nous dit-on, d’une section de cyclistes. Ces troupes françaises viennent soutenir notre action défensive contre l’armée allemande.

* Bravoure. Nous avons rencontré en ville de nombreux propriétaires d’autos qui ont mis obligeamment leur machine à la disposition de l’autorité militaire. L’un de ceux-ci est allé, à deux reprises, alimenter le fort de Pontisse, et les deux fois, il a essuyé le feu des Allemands. Son auto porte les traces des projectiles.

*  Les volontaires. Deux groupes de volontaires ont quitté Liége ce matin. La foule les a acclamés chaleureusement comme elle l’avait déjà fait hier et comme elle le fera encore demain.


*  A la citadelle. Les volontaires arrivent continuellement à la citadelle. Des ouvriers sont occupés à abattre et à scier les arbustes qui entouraient la vieille forteresse. Là-haut, on apercevait très distinctement, vers 10h ¼, les fumées produites par le tir des forts de Chaudfontaine et de Fléron.


- La Meuse, mercredi 5 août 1914
* Environ 190.000 hommes de troupes allemandes, renforcées par des batteries d’artillerie et avant probablement le concours de ses aviateurs, vont tenter de forcer nos positions. Nos officiers, nos soldats sont prêts au combat ; ils attendent résolument l’attaque annoncée.
Salut à notre armée ! Haut les cœurs !

*  Une véritable nuée d’espions allemands se sont abattus sur notre région. On en arrête tous les jours, tant en notre ville que dans les communes suburbaines. Ils sont déguisés de toutes manières, voire même en officier et soldat belge.


-  Le Soir, mercredi 5 août 1914

* L’Allemagne déclare la guerre à la Belgique. Le sort en est jeté.
* Une panique à Liège. Liège a été lundi matin, le théâtre d’une panique irréfléchie, voici dans quelles circonstances, qui nous sont contées ici (…) Le bruit se répandit en un instant que les Allemands étaient à Liège. On vit alors les passants se sauver dans toutes les directions, se bousculant mutuellement, pour rentrer chez eux et fermer la porte à clef. Les rues furent vidées en quelques minutes. Le soir, par une heureuse réaction, ce fut une animation et un enthousiasme délirants. Les femmes demandaient des armes.
* Les épiceries et les grands magasins ont été envahis et chacun s’en retournait chez soi emportant des provisions.  Beaucoup de boulangeries sont fermées, la farine étant réquisitionnées pour les troupes. (…)
* Les hostilités. Les Allemands sont massé à la frontière – Les Belges font sauter les ponts de la Meuse en aval de Liège – Les Belges font sauter les ouvrage d’art sur les lignes de la province de Liège – On se bat devant Liège : les troupes allemandes se sont présentées devant les forts à l’est de Liège. Un combat à lieu en ce moment. (…)


- Le Matin, vendredi 7 août 1914
Dans la nuit de mercredi à jeudi, nos troupes ont résisté vaillamment encore aux forces allemandes. A l’heure actuelle, tous les forts et les coupoles sont toujours intactes ; il en est de même des massifs bétonnés. Il n’y a aucun Allemand dans Liége, à l’heure actuelle ( 16h 40). Il y a eu quelques Allemands qui sont rentrés dans Liége ; ils ont été tués.
(…)
A Liége, on n’est nullement affolés, comme on s’efforce à le faire croire. Ici, encore, ce sont de pêcheurs en eau trouble qui font courir ces bruits.

Il est exact que les Allemands ont mis à sac tous les villages des environs de Liége ; ils ont tout détruit, tout incendié. Ces villages et communes ne sont plus qu’un amas de ruines fumantes.




                                     troupes allemandes entrant sur la place St-Lambert en '14

-  Gazette de Charleroi, mercredi 12 août 1914

*  Ville de Liége . l’administration communale rappelle à ses concitoyens et à tous ceux qui se trouvent sur le territoire de Liége qu’il est strictement interdit, par le code des lois de la guerre, qu’un civil se livre à des actes quelconques d’hostilité contre les soldats allemands qui occupent le pays. Toute agression commise contre les troupes allemandes par d’autres que les militaires en uniforme, non seulement expose celui qui s’en rendra coupable à être immédiatement passé par les armes, mais encore entraînera les répressions les plus violentes contre tous les habitants et spécialement contre les Liégeois qui sont retenus comme otages à la citadelle de Liége, par le commandant des troupes allemandes. Ces otages sont :

1. Mrg Rutten, évêque de Liége ;
2. M. Kleyer, bourgmestre de Liége ;
3. M. Grégoire, député permanent ;
4. M. Armand Fléchet , sénateur ;
5. M . Van Zuylen, sénateur ;
6. M. Edouard Peltzer, sénateur ;
7. M. Colleaux, sénateur ;
8. M. De Ponthière, représentant ;
9. M. Van Hoegaerden, représentant ;
10. M. Falloise, échevin.
(…) Lundi, tous les otages ont été relâchés et ont pu rentrer chez eux après avoir  fait le serment qu’ils feraient respecter les troupes allemandes par la population liégeoise.


*  Une utile recommandation. Recommandation expresse est faite aux parents de militaires de ne communiquer à qui que ce soit l’endroit d’où leur fils leur adresse des nouvelles. Pour de raisons tactique, il est hautement désirable que l’ennemi soit laissé dans la plus complète ignorance de l’emplacement et des mouvements de nos corps de troupes.









-  Gazette de Charleroi, samedi 15 août 1914

* L’occupation allemande de Liége
Tous les jours, nos forts subissent des assauts furieux de la part des Allemands. Mais nos vaillants petits soldats sortent toujours victorieux de ces terribles combats. C’est par milliers que l’on compte les tués et les blessés allemands dans les alentours de nos forts. Certains les évaluent à environ 30.000 hommes mis hors de combat (...)   L’armée allemande, qui a envahi notre province de Liége et fait le siège de nos forts, est forte  d’environ 200.000 hommes. (…) Le fort de Barchon a eu particulièrement à souffrir (…) Le commandant du fort a dû rendre les armes. Le fort de Barchon est dans un tel état de délabrement, ses canons sont tellement usés, faussés, que les Allemands ne pourront en tirer aucun parti. Les onze autres forts de la position fortifiée de Liége sont en excellent état à tous points de vue.  (…) Le bruit se répand de plus en plus que les Allemands vont nous quitter d’ici peu  (…)




Les Allemands, au nombre de plusieurs milliers, occupent notre bonne ville de Liége. On en voit sur toutes les places, aux principaux carrefours. Deux «  Zeppelin «  sillonnent notre ciel liégeois pendant plusieurs heures par jour. Les promeneurs sont plutôt rares dans les rues du centre. Il y a peu, très peu de consommateurs dans les cafés. Les nuits sont plutôt calmes. Cependant, des projecteurs électriques allemands et belges fouillent l’horizon dès 9 heures du soir jusqu’à l’aube. (…)   Les troupes allemandes occupent tous les bâtiments publics : palais de justice, musées, etc. Les magasins sont ouverts et les soldats y font des emplettes qu’ils paient sans marchander en espèces sonnantes. (  …)  

A l’Hôtel de Ville tous les services fonctionnent comme d’ordinaire mais il faut obéir aux ordres de l’autorité militaire. C’est le major von Bayer qui commande actuellement la place, le lieutenant- général étant allé s’installer sur le territoire de Sclessin. Tous les matins, il envoie ses ordres à la mairie et le bourgmestre doit s’y conformer. (…)  Les restaurants sont ouverts, fréquentés par de nombreux officiers. Les soldats cantonnent dans les rues et les habitants peuvent circuler paisiblement dans la ville.  (…) Les journaux ne paraissent plus – et pour cause !  Les tramways ne peuvent circuler dans les rues encombrées de troupes et de véhicules militaires. La Compagnie du Gaz n’ayant plus de charbon, l’éclairage public ne fonctionne plus. Au surplus, à neuf heures du soir, toutes les lumières doivent disparaître. Les Allemands en rassemblant tous les chalands qui se trouvaient en Meuse ont construit un solide pont de bateaux au-delà du pont Maghin, capable de supporter le gros charroi. (…) Toutes les gares de Liége sont occupées par les Allemands. (…) Le moral  des troupes allemandes est loin d’être bon. Les officiers ont perdu la morgue des premiers jours ; les soldats paraissent mornes et abattus. Les otages de Liége sont relâchés. Les Allemands ont porté cette nouvelle à la connaissance de la population par des affiches apposées en ville.


 - L’Etoile Belge, samedi 15 août 1914

D’après ce qui s’est passé dans la province de Liège, il est certain que les Allemands prennent prétexte du moindre coup de fusil tiré par un civil pour exterminer des citoyens inoffensifs et commettre de véritables cruautés. Les faits qui nous sont signalés nous engagent à conjurer la population civile à se montrer d’une extrême prudence car la répression pour tout acte d’hostilité est terrible.




                                         Place du XX août en '14

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Note : En août 1914, trois de nos titres existaient : La Meuse de Liége, La Gazette de Charleroi et la Province de Mons. Le premier a arrêté sa diffusion dès le 5 août, lendemain de l’invasion : les deux autres le 20 août, suite à l’occupation de Bruxelles.






Et tout particulièrement dans mon quartier, Sainte-Marguerite



                            Retraite des troupes belges le 6 août 1914, rue de Hesbaye


- demande d’autorisation d’établir en 1914 (extraits) :
Le sieur Sainte Alphonse, rue de Hesbaye, 16, un moteur électrique de la force d’un cheval – Mme veuve Beaufort, rue des Remparts, 7, une porcherie pour 2 porcs – Waha, François, maintenir son atelier de carosserier avec forge, rue Bas-Rhieux, 84 – Emile Debay, rue Bois-Gotha, 101, un atelier de marbrier ( taille et sculpture de pierre) – Portal-Renard, rue Ste-Marguerite, 54, une porcherie pour 2 porcs – Bogaert (le nouveau propriétaire de la salle  Fontainebleau) , N° 137, rue Ste-Marguerite, un cinématographe, une dynamo et un moteur à gaz pauvre fonctionnant par aspiration de la force de 28 ½ chevaux –
A suivre >>>>>>>>>>>>>>>>>>

- La Meuse, samedi 3 et dimanche 4 janvier 1914
Les arbres de la rue de Campine. Une trentaine d’ormes magnifiques seraient condamnés. La vente de ces arbres aurait lieu lundi prochain 5 janvier. (…) Espérons que ces massacreurs s’humaniseront, et que les pouvoirs compétents s’opposeront à l’abattage de trente ormes qui constituent pour la rue de Campine une superbe parure.

- La Meuse, mardi 6 janvier 1914
Les arbres de la rue de Campine seraient sauvés. Il paraît qu’il n’y a eu qu’une offre de 56 francs. Aussi a-t-on décidé que la vente n’aurait pas lieu «  présentement ». Tant mieux ! Tant mieux !

- La Meuse, vendredi 13 février 1914
Le Bossu en Agimont. Le succès remporté dimanche par la Section dramatique du Patronage communal d’Agimont a dépassé les prévisions les plus optimistes car c’est devant une salle archi-comble que se sont déroulées les intéressantes péripéties du grand drame de Cape et d’épée «  Le Bossu ou le Petit Parisien «. (…)

-  La Meuse, mardi 17 mars 1914
Le quartier saint-Séverin vient de perdre sa doyenne-d ‘âge en la personne de Mme veuve J. Janssen, née Gertrude Willems, qui a succombé à l’âge de 98 ans et était aussi presque contemporaine des lointains événements de Waterloo. Elle a conservé jusqu’en ces derniers temps la plénitude de ses facultés intellectuelles. La vénérable défunte était, sans conteste, l’une des personnes les plus âgées, non seulement de notre ville, mais encore de toute la province.

- La Meuse, mercredi 25 mars 1914
Notre réseau d’égout qui subit de constantes améliorations va motiver encore de nouveaux travaux qui intéresseront, cette fois, la rue En-Bois. La canalisation actuelle sera prolongée sur cent cinquante mètres. (..)

-  La Meuse, vendredi 24 avril 1914

Un suicide. Un vieillard de 63 ans, Auguste B…, maçon, était sans travail depuis 6 mois ; dans la misère et ne trouvant pas à s’occuper, il résolut de mettre fin à ses jours. Mercredi, il se pendit dans sa chambre, rue Eracle, au moyen d’une corde de store. (…)



- La Meuse, dimanche 24 mai 1914
Dans un bureau de la rue Ste-Marguerite, présidé par un avocat conseiller provincial, un incident amusant s’est produit. Un électeur présente sa convocation. C’est un électeur à trois voix. On lui remet ses trois bulletins de vote, puis on passe à l’électeur suivant. Mais sur ces entrefaites, un témoin remarque que l’électeur à trois voix ne s’est pas rendu dans l’isoloir. En effet, notre homme, ses trois bulletins en poche, a regagné la sortie. On le rattrappe, et on le ramène devant le président du bureau qui lui fait remarquer que s’il ne veut pas voter, il doit lui remettre ses trois bulletins et qu’il sera considéré comme défaillant. Finalement, après toute une discussion, l’électeur se résigne. Est-ce pour Narenne-di-bour, est-ce Eloy de Plainevaux, est-ce une liste prise au hasard qui aura bénéficié de ses trois voix récalcitrantes ?

- La Meuse, mardi 14 juillet 1914
Invitation pour la fête du 21 juillet. Les très nombreuses demandes d’invitations adressées au Comité de l’œuvre scolaire des bons de pains pour le grand bal de bienfaisance qu’il organise le 21 juillet prochain dans le vaste établissement de Fontainebleau assurent dès à présent un gros succès. Les portes seront ouvertes à 7 heures. Première danse à 8 heures. La direction du théâtre vient d’être reprise par M. Bogaert qui a fait transformer toute la salle et établir l’éclairage électrique (anciennement au gaz). L’entrée est de 50 centimes au profit de l’œuvre scolaire des bons de pains. (…)



- La Meuse, lundi 20 juillet 1914
Chansons obscènes. La police de la 4 è division a dressé procès-verbal à charge d’Egide M. qui chantait des chansons obscènes la nuit dernière au quartier Sainte-Marguerite.

- La Meuse, mercredi 22 juillet 1914
Au quartier Ste-Marguerite. Commencés il y a environ un mois, les travaux de construction de trottoir en petit pavés cubiques dans la partie de la rue Ste-Marguerite, côté droit, compris entre les rues des Arzis et la Basse Chaussée, viennent d’être terminés et c’est une excellente amélioration de la chaussée. A ce propos, les habitants de la place du Flot, qui fait partie de la rue Ste-Marguerite, se demandent pour quelle raison cette place n’a pas été comme la place des Arzis aussi dotée de trottoirs en pavés cubique. (…)

- La Meuse, vendredi 31 juillet 1914

Il serait peut-être criminel de cacher la situation ou de vouloir faire supposer que toute crainte est dissipée. (…) L’imagination de certains bonhommes se donne libre cours. Les femmes écoutent et colportent des nouvelles qu’elles arrachent aux maraichères, aux marchands de rue. C’est ainsi que ce matin même, dans le quartier de l’Ouest (Ste-Marguerite), on y répandait la nouvelle que le gouvernement avait envoyé 150.000 hommes dans les forts de Liége. (…) De grâce, ne les croyons pas. Conservons notre sang froid et attendons.




                             Troupes allemandes défilant rue de Hesbaye, fin août 1914




Merci aux journaux «  La Meuse «  et « La Gazette de Liège «   ! ! !
Merci à tous ces journalistes anonymes ! ! !
Merci à la bibliothèque de la Place du XX août de Liège et du Sart-Tilman ! ! !



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 Liège en août 1914





Liège, de septembre à décembre 1914 :


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