" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

jeudi 31 janvier 2013

Jérôme Ferrari : " Sermon sur la chute de Rome "




Matthieu et Libero sont étudiants en philosophie à Paris. Ils décident d’abandonner leurs études pour ouvrir un bar dans leur Corse natale. Leur rêve va se fracasser ; il ne pouvait que se fracasser comme le pensait déjà, dès le début, Marcel, le grand-père de Matthieu.
 L’atmosphère du roman est lourde, souvent violente, teintée par une sexualité primaire, basique. On ressort de cette lecture comme atterré, pris par une sorte de torpeur, de vide ; car le néant avale tout, le néant, on le sait pourtant, nous engloutit.
L’écriture de Jérôme Ferrari ressemble à celle d’Albert Cohen dans «  Belle du Seigneur », de longues phrases avec peu de ponctuation mais, malgré ce manque de respiration, l’on suit aisément le fil du récit.
 Avec «  Le sermon sur la chute de Rome «, Jérôme Ferrari  a remporté le prix Goncourt 2012.


Extrait :

-  La course des astres n’est pas troublée, la nuit succède au jour qui succède à la nuit, à chaque instant, le présent surgit du néant, et retourne au néant (…) Les mondes passent, en vérité, l’un après l’autre, des ténèbres aux ténèbres, et leur succession ne signifie peut-être rien.

- Tu es étonné parce que le monde touche à sa fin ? Etonne-toi plutôt de le voir parvenu à un âge si avancé. Le monde est comme un homme : il naît, il grandit et il meurt.(…) Dans sa vieillesse, l’homme est donc rempli de misères, et le monde dans sa vieillesse est aussi rempli de calamités (…) Le Christ te dit : «  Le monde s’en va, le monde est vieux, le monde succombe, le monde est déjà haletant de vétusté, mais ne crains rien : ta jeunesse se renouvellera comme celle de l’aigle.
( Saint-Augustin, sermon 81, 8, décembre 410 )

-  Elle semblait avoir conservé de ses anciennes fonctions la curieuse habitude d’accueillir chaque représentant de sexe masculin qui poussait la porte du bar d’une caresse, furtive mais appuyée, sur les couilles. Nul n’échappait à la palpation. Elle s’approchait du nouvel arrivant, tout sourire, et lui faisaient deux grosses bises claquantes sur les joues tandis que de la main gauche, comme si de rien n’était, elle explorait son entrejambe en repliant légèrement les doigts.

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