" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

samedi 16 juin 2012

Natsumé Sôseki : " A travers la vitre "





Natsumé Sôseki (1867-1916).
Ce qu’il y a d’agréable quand on lit un bouquin sur le Japon – et singulièrement chez Sôseki-, c’est qu’on entre dans un monde qui nous est totalement inconnu, avec des coutumes, des mœurs, des activités quotidiennes qui apparaissent souvent comme étranges, bizarres, étonnantes. En si en plus l’auteur nous évoque la fin du 19ème, début du vingtième, alors là nous frôlons un âge qui nous semble tellement éloigné, (alors que cent ans à peine nous en séparent).
Natsumé Sôséki nous conte dans ce court ouvrage le monde des conteurs justement, des théâtres. De sa mauvaise santé, de la langue chinoise ; des ses parents, ses frères et sœurs, cousins-cousines ; des geishas ; des taquineries, des railleries ; des chats, des chiens, de la pluie qui tombe, des haïkus, de la vie, de la mort, …
Délicieux !

Extrait :

Les rossignols chantent de nouveau dans le jardin par intermittence. La brise printanière vient par à-coups agiter les feuilles de l’orchidée. Le chat se chauffe au soleil en sommeillant, exposant une plaie consécutive à quelque terrible morsure. Les enfants qui, tout à l’heure encore, jouaient bruyamment au balcon sont tous allés au cinématographe. Maintenant que la sérénité s’est installée dans la maison et dans mon cœur, je vais ouvrir en grand la vitre et j’achève ce texte, en plein ravissement, plongé dans la lumière calme du printemps. Puis, je compte faire une sieste sur la véranda, le coude replié.


                                                                     14 février 1915

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire