" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

jeudi 14 juin 2012

Georges Simenon : " Les innocents "







Voici vingt ans que Georges Célerin et Annette sont mariés. Lui est un orfèvre, réputé sur la place de Paris, elle travaille dans le social - comme on dit aujourd’hui -  elle s’occupe des plus démunis. Rien ne vient obscurcir cette vie de couple comme il y en a tant d’autres du même genre si ce n’est que Annette a le tempérament un peu froid, y compris sous la couette… Mais Georges s’en est fait une raison. D’ailleurs il s’estime comblé, heureux. Issu de cet union (enfin, normalement) sont nés deux enfants studieux et sages : Jean-Jacques et Marlène.
Jusqu’au jour où Annette se fait reverser par une voiture, rue de Washington, et décède sur le coup. Célerin est effondré. Il lui faudra quelques jours pour aller traîner du côté de la rue de Washington et d’y découvrir l’ignominie, l’insupportable à nouveau …

Nous sommes loin des Maigret. Ici, outre l’accident, pas de sang, pas de meurtre, pas de suicide, pas de révolver. Pas de vengeance, pas de haine ou si peu. Juste comme dans tout les livres de Simenon, une plongée vertigineuse dans l’abîme.

«  Les innocents «  est le dernier roman de Georges Simenon. Et pour le coup, une cerise sur le gâteau ! Il est daté «  Epalinges (Vaud), le 11 octobre 1971 ». Ce même jour, Simenon décida qu’il n’écrirait plus de romans. Heureusement pour nous lecteurs, il laisse une œuvre magistrale tant par le nombre de volumes que par la qualité littéraire.

Extraits :
- Elle était morte et pendant vingt ans de mariage, il n’avait rien compris. «  Nous resterons toujours de bons camarades » N’est-ce pas cas ce qu’ils avaient dit ?

- Renversé en arrière dans son fauteuil, il regardait Célerin comme s’il lui faisait le plus grand cadeau de sa vie.

-  Il s’excusait toujours. C’était le fait d’une timidité qu’il devait sans doute à son enfance.

-  Elle lui mentait. Elle lui avait menti pendant dix-huit années. Elle n’était pas sa femme. Elle était plutôt la femme de Brassier.

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