" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

lundi 30 janvier 2012

Suicides à Liège à la Belle Epoque


Edouard Manet : " Suicide "



Loin de moi la funeste idée de faire l’apologie du suicide (quel faux-cul je fais, quand même …). Que nenni ! Mais juste par simple curiosité et comme les documents existent, pourquoi s’en priver…
 Comment se suicidait-t-on à Liège à la Belle Epoque ? Telle est la question. En voici quelques exemples. J'ai préféré écarter les actes parmi les plus violemment décrits ( cela n'est pas le but recherché ici et, de plus, cela ne sert à rien ).
Ces articles du journal «  La Meuse «  sont extraits du livre «  Petites histoires de Liège et sa province à la Belle Epoque, de 1880 à 1914 «  de Jean-Pierre Rorive avec la participation de ses rhétoriciens 2006-2007. Publié aux éditions Jordan.

- Fils inconsolable
Un suicide accompli dans des circonstances particulièrement dramatique a eu lieu hier vendredi à Liège. Le fils Cajot, en rentrant de son service de nuit chez M. Poncelet, a trouvé son père mort d’une attaque d’apoplexie. Fou de douleur, le malheureux s’est enfui de la maison et est allé se jeter dans la Meuse. Il n’a pu être retiré qu’à l’état de cadavre.
                                                                                (18 et 19avril 1885)
-  Suicide par amour
Un triste drame s’est passé hier à 16 heures au Boulevard Piercot. Un jeune homme, nommé P…, demeurant rue Saint-Gilles, se promenait avec une jeune fille, lorsque, tout à coup, celle-ci le quitta. Il la regarda s’éloigner et, à peine avait-elle disparu, qu’il enjamba le parapet et se précipita dans la Meuse. On l’en retirait un quart d’heure après, en face de l’Evêché. Mr le docteur Schifflers, mandaté en toute hâte, ne put que constater le décès. Une dispute d’amoureux avait provoqué cet acte de désespoir. Inutile de dépeindre la douleur de la jeune fille et des parents de la victime.
                                                                      (18 mai 1887)


-  Suicidaire délicat
Hier, vers 20 heures, des enfants jouaient près d’un viaduc de la rue Saint-Gilles, quand un passant vint leur dire : «  Attention, je vais me tuer ! «. Cet original n’avait pas fait trois mètres que, en effet, on le voyait approcher un révolver de sa tempe. Un coup de feu retentit et l’homme tomba sous le viaduc. Il était mort.
                                                                           (19 août 1896)
- Suicide musical
Des enfants qui jouaient jeudi après-midi à Wandre ont découvert le cadavre d’un homme, pendu à une branche d’arbre. A côté du cadavre se trouvait un accordéon et, sur sa poitrine, le suicidé avait épinglé un billet sur lequel étaient tracés au crayon les vers suivants :
«  Do, mi, sol, do
Quand on trouve mon cadavre, il ne sera plus chaud ;
Ré, fa, la, ré
Mon instrument est à côté ;
Sol, do, mi, sol
Ma femme mourut folle ;
Mi, sol, si, mi
Et moi, je me pendis ici !
Mon nom est Dufour
 Je travaillais le soir, me reposais le jour. « 
Le cadavre a été enterré d’urgence. Il s’agit d’un nommé Dufour, musicien ambulant, âgé de 53 ans, né à Arlon.
                                                                                   (9 février 1900)
- Momifié avant sa mort
Lundi, vers 17 heures, l’homme momie installé sur la foire, s’est suicidé en se tirant un coup de révolver dans la tempe.
                                                                                     (10 octobre 1905)
- Complexe d’Oedipe mal réglé ?
Venant d’un asile d’aliénés de Tournai, un nommé Louis C…, âgé de 35 ans se rendit, dimanche soir, chez ses sœurs avec lesquelles il causa quelques instants. Malgré les supplications de celles-ci pour le retenir pour le logis, C… ne voulut rien entendre, et, en sortant, leur dit : «  Je vais retrouver ma mère au cimetière. ». En raison de l’heure tardive, les deux femmes ne purent avertir Mr Boy, le commissaire adjoint. Ce lundi matin, vers 6 heures, elles se rendirent chez M Boy qui alla au cimetière accompagné du fossoyeur. C… avait mis son projet à exécution. Il avait attaché une corde à la croix plantée sur la tombe de sa mère et il s’était pendu.
                                                                          (11 mai 1908)
- Sang froid inouï d’une gamine
La dame H… ? de Verviers est neurasthénique. Or, hier, profitant de l’absence de son mari, elle s’en fut à la mansarde, fixa une corde sur une poutre et se pendit après avoir d’un coup de pied, renverser la chaise sur laquelle elle était montée. La fillette, entendant le bruit de la chaise tomber, grimpa à la mansarde et aperçut sa mère suspendue dans le vide. D’un bond, elle descendit dans la cuisine, prit un couteau, remonta et coupa la corde. Sa mère fut sauvée d’une mort certaine. Néanmoins, la malheureuse se trouve dans un état grave.
                                                                              (21 juillet 1908)
- Pour refus paternel
Le nommé E…, célibataire, âgé de 20 ans se voyant refuser le consentement paternel pour contracter mariage, en conçut un vif désespoir. Il s’introduisit un mouchoir  dans la bouche et se trancha net l’artère carotide à l’aide de son rasoir. Sous l’oreiller, son a retrouvé son testament.
                                                                               (16 juin 1908)



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