" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

vendredi 6 janvier 2012

Amélie Nothomb : " Le Sabotage amoureux "



Le père d’Amélie est diplomate belge au Japon. Nommé à un nouveau poste, en 1972, toute la famille doit déménager pour la Chine. La petite Amélie tombe de haut, et même de très haut : d’un Japon qu’elle vénère au-delà de ce qui serait admissible, elle atterrit dans un monde qu’elle répugne. Pour se désennuyer, avec ses petits camarades d’école, une guerre ouverte éclate : les petits Allemands (de 6 à 10 ans) contre … le reste du monde (âge idem). A côté, « La guerre des boutons «, c’est de la gnognotte, de la rigolade. Et l’on sait combien les enfants peuvent être cruels entre eux. Malheurs aux vaincus ! à qui rien, - aucune humiliation, aucune torture -, ne sera épargné !

En parallèle, la petite Amélie (7 ans) va tomber follement amoureuse d’Elena (6 ans). Un amour aussi passionné que cruel.

Voilà une partie d’une autobiographie, à peine romancée, de l’auteur que nous tenons là entre les mains. Quel régal !

Une relecture, pour ma part, après pas loin de 20 ans : quel bonheur !

Le plus délicieux des livres !


Extraits :

- Chaque matin, une esclave venait me coiffer. Elle ne savait pas qu’elle était mon esclave. Elle se croyait chinoise. En vérité, elle n’avait pas de nationalité, puisqu’elle était mon esclave. Avant Pékin, je vivais au Japon, où l’on trouvait les meilleures esclaves. En Chine, la qualité des esclaves laissait à désirer.

- Le voyageur qui débarquerait en Chine sans une belle dose d’illusions chinoises ne verrait pas autre chose qu’un cauchemar. Ma mère a toujours eu le caractère le plus heureux de l’univers. Le soir de notre arrivée à Pékin, la laideur l’a tellement frappée qu’elle a pleuré.

- Je lisais peu : j’avais autre chose à faire. La lecture, c’est bon pour les désœuvrés qu’étaient les adultes. Il fallait bien qu’ils s’occupent.

- Sans ennemi, l’être humain est une pauvre chose. Sa vie est une épreuve, un accablement de néant et d’ennui. Grâce à l’ennemi, ce sinistre accident qu’est la vie devient une épopée.

- « L’univers existe pour que j’existe. » (…). Moi, je pouvais aller où je voulais : le centre de gravité du monde me suivait à la trace. (… ). Il ne fallait pas se cacher que le monde s’était préparé à mon existence depuis des milliards d’années.

- Décrire Elena renvoyait le Cantique des Cantiques au rang des inventaires de boucherie.

- (…) Avoir des amis était un signe de dégénérescence.

- On connaît mal la tristesse du monde si l’on n’a pas vu les terres qui entourent Pékin. (…)

- Jusqu’à mes quatorze ans, j’ai divisé l’humanité en trois catégories : les femmes, les petites filles et les ridicules. (…)

- Je n’aime pas les métaphores. Aussi ne dirais-je pas que la neige citadine est une métaphore se la vie.

- Qu’est-ce qu’une fleur ? Un sexe géant qui s’est mis sur son trente et un.

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