" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

vendredi 5 août 2011

Regine Deforges : " A Paris au printemps, ça sent la merde et le lilas "















Régine Deforges nous raconte mai ’68, son mai ’68. Elle n’était pas sur les barricades, ne lançait pas des pavés mais suivait les « évènements « avec un intérêt certain. Le monde semble t-il était en train de changer, quelque part. Dans ce livre, parfois étrange, elle décrit , par exemple, des colloques d’intellectuels qui veulent refaire le monde et, plus insolite encore, elle publie, in extenso, le fameux discours du général de Gaulle ( je-ne-me retirerai-pas ). Oups ! Elle nous conte – assez dans les détails – son amitié pour Romain Gary et François Mitterrand, par exemple

En ’68, Régine Deforges a une idée en tête : publier des récits érotiques mais les obstacles sont à la mesure de son défit : gigantesque. Le premier : elle est une femme, et deuxio, il faut des sous – ne fut-ce que pour payer les premiers procès -.

Autrement elle a deux enfants, sa mère et un amant.

Je vois au moins deux raisons pour lesquelles elle me paraît sympa : elle aime faire sa tambouille, toute seule, comme une grande et si des emmerdes lui tombent dessus, elle préfère s’en sortir également toute seule. Deuxio, elle adore Simenon qu’elle lit, qu’elle relit ( voir extrait plus bas ). Ce qui n’est pas rien !

p.s. : si vous voulez connaître le pourquoi et l’origine du titre de ce livre, il vous suffit de vous le procurer ( le bouquin ). Cqfd !

Extraits :

- Je me faufilai à travers la foule excitée et bruyante, et réussis à travers la foule à trouver une place assise entre deux militantes féministes. Reconnue, je fus prise à partie par ma voisine de gauche qui me traita de « collabo ». N’étais-je pas complice de la turpitude des hommes et de leur mépris des femmes, avec mes publications érotiques ?

- ( extraits d’articles rédigés en mai ’68 par le comité d’action Ecrivains-Etudiants )

Thèse numéro 1 : « Le mouvement féministe, parti d’une authentique contestation de la société patriarcale, a finalement contribué à l’achèvement de l’aliénation féminine. Fascinées par une image idéalisée de la virilité, de ses apanages, avantages, privilèges, les femmes ont tout simplement cumulé les charges traditionnelles de leurs fonctions aliénées et les responsabilités tout aussi aliénantes du fonctionnariat masculin. »

Pavé numéro 12 : « La maternité est un leurre. La plupart des femmes font des enfants comme les hommes vont au bordel : par désœuvrement , parce qu’elles ne savent que faire de cette peau qu’elles ne parviennent pas à donner. «

Pavé numéro 13 : « la paternité est une mascarade. La plupart des hommes se laissent faire des enfants comme une femme se laisse violer : par lâcheté, parce qu’elles n’osent pas, en s’y refusant, remettre en jeu et en question leur précaire supériorité qui n’a rien d’autre à offrit à leur partenaire. «

- Je lisais et relisais Simenon, fascinée par son talent, ce pouvoir qu’il avait de planter un décor en quelques lignes, de donner à voir le déroulement d’une vie, à en comprendre l’inexorable aboutissement.

- ( et ces lignes si prémonitoires de Claude Nougaro )

Mai mai mai Paris

Le casque des pavés ne bouge plus d’un cil

La Seine de nouveau ruisselle d’eau bénite

Le vent à dispersé les cendres de Bendit

Et chacun est rentré chez son automobile

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