" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

mercredi 3 août 2011

Michel Carly : " Simenon, la vie d'abord "
















Michel Carly est un des spécialistes de Georges Simenon. Bien avant son dernier ouvrage « Simenon et les femmes « , il nous avait proposé « Simenon, la vie d’abord « soit le récit de la vie mouvementé de cet écrivain de tout premier ordre. Né à Liège, où il a passé toute son adolescence, on retrouve Simenon à Paris, sur un bateau parcourant les canaux de la France et les mers du nord de l’Europe. Il a vécu également aux Etats-Unis, au Canada, a fait le tout du monde, puis est revenu en France pour se fixer, enfin, en Suisse. Nous faisons connaissance des épouses du père de Maigret, Tiggy et Denise, Teresa sa dernière compagne. Ses enfants : Marc, John, Marie-Jo et Pierre. Ses amis qu’il choisi dans le monde de la médecine, de la psychiatrie, des artistes. Il côtoie les plus grands et les plus humbles, avec cette soif de tout connaître. Comprendre comment fonctionne la « machine Simenon «. Comme à ses côtés, nous sommes confrontés à ses succès, à ses échecs, ses doutes, ses espérances. Comprendre et ne pas juger, telle fut sa devise. Dans l’ humanité constamment déchirée, il faut bien admettre qu’ il y a du boulot.

Extraits :

- Il ( Simenon ) aura la chance de n’être jamais un intellectuel.

- Gagner le plus d’argent possible, en écrivant des livres faciles, puis s’installer et faire de la littérature.

- Et oublier les mots d’Henriette Simenon apprenant le décès de son fils chéri : « Comme c’est dommage, Georges, que ce soit Christian qui soit mort ! «

- Sa production annuelle est toujours étonnante : cinq à six romans par an jusqu’en 1960. Il semble avoir atteint le sommet de son art. Ses romans sont de plus en plus denses, sont style de plus en plus dépouillé, ses descriptions de plus en plus abstraites.

- Les « entrées en roman « commencent souvent par une longue déambulation : Simenon va marcher dans la campagne, tout seul, il marche à l’infini, une heure, cinq heures, en essayant de se vider, pour laisser la place à quelque chose. Soudain, il respire une odeur, par exemple ( …) .

- Denise a été son feu indispensable. Sans elle, combien de romans essentiels ne seraient pas nés ?

- Biologiquement que pèse une vie ? Rien. Autant que des draps de lit de vanité. On y naît, on y fait l’amour, on y souffre, on y meurt. Que représente Simenon face à l’âge de la mer, au flux de l’univers, au mystère de la matière, à la vitesse du temps, au souffle du vent ? Même pas un fait divers pour l’éternité. ( … ) Que vaut un homme qui écrit des histoires face à un chirurgien qui recoud notre espoir, un jardinier qui éclabousse un matin de fleurs, une femme qui dit enfin je t’aime ? Tout le problème de l’art est contenu dans cette interrogation.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire