" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

dimanche 14 août 2011

Dvd, " Les Rues de Liège ", un film de Georges Yu
















Georges Yu est en Liégeois d’origine chinoise. En 1956, il filme sa ville. Les ouvriers qui habitent les hauteurs de Liège descendent chaque matin dans la Cité ardente pour y travailler. Les dames , elles, sont employées au Grand Bazar, au Sarma ou à l’Inno. Les enfants, eux, se font la guerre « pour rire « sur les terrils ou font l’école buissonnières. Puis il y a les marginaux, les petites gens de Simenon, les rescapés de la guerre dont la fin a eu lieu il y un peu plus de 10 ans seulement. Que deviendra tout ce petit monde dans 40 ans ?
1996. Les enfants de 1956 sont devenus des adultes, matures même. Hier, Liège produisait de la richesse ; en 1996 , « on consomme internationalement, en boucle, comme des derviches tourneurs « . On aménage des havres de paix. Les travaux de La Place Saint-Lambert sont enfin terminés.
« L’homme sage ne lève pas les yeux sur la laideur menaçante « . Certains Liégeois pur jus ont l’air un peu èwarés, comme assommés par des coups de bambous … Et dans quarante ans, qu’en sera-t-il ?
Décidément, il y a beaucoup de poésies dans ces images et dans le commentaire dit aussi.

La première partie se trouve ici :

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=HjdbKZo_FZs#!

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Ce samedi 10 novembre 2012, j'ai appris le décès de Georges Yu. Voici ce que j'ai trouvé dans ma boite-mail :



L’un des ses photomontages,
comme il aimait tant en faire, auto dérisoire ici



Georges Yu 1927–2012

Cinéaste, réalisateur, comédien liégeois d’origine chinoise.
Aimant sa ville, aimant les peuples du monde, ancien résistant.
Homme aimant la liberté, la fraternité, la solidarité…

Georges Yu a commencé sa carrière comme comédien à Paris, dans le théâtre et le cinéma. Il joua notamment pour Jean-Pierre Melville et Jean Cocteau (« Les enfants terribles », 1950). Il tint le rôle de Chapuis dans « Le déjeuner sur l’herbe » (1959) de Jean Renoir et apparut dans divers films de fiction français ou allemand. A la même époque, il travaille pour la cinémathèque de Paris où il a été embauché par Henry Langlois, personnage illustre du monde du cinéma et créateur de la grande cinémathèque.

Ses retours à Liège sont nombreux. Liège est sa ville natale, sa ville de coeur. En 1956, profitant de son séjour en la cité ardente, il réalise « Les Rues de Liège » avec un ami cameraman où il investit toute l’affection que lui inspire la ville de son enfance. Ce film sera diffusé en de nombreux festivals et se verra même présenté, à l’époque, à la télévision polonaise ! Plus tard, bien plus tard, ce film connaîtra une autre destinée encore ! …

La fin des années ‘60 verra son retour définitif dans la cité ardente. Il prend part aux premiers feux du centre de Liège de la RTB où il mène, à la radio, l’émission consacrée à l’immigration italienne, « Ciao Amici ».

Puis, il commence, dans les années ’70, une longue carrière à la télévision au cours de laquelle, parmi bien des missions, il travaillera pour « L’Europe des Régions », « Cinéscope » « Magasine F » ou « Sans rancune », l’émission « caméra cachée » de la RTB d’alors.

A cette époque, il s’investit également dans la série « Itinéraires » et réalise quelques portraits, à la fois sociaux et chaleureux, au nombre desquels « Bonjour Facteur » décrit l’image d’une profession alors précieuse et respectée pour le lien social, le lien humain que ses travailleurs établissent au quotidien. Dans les années’70 encore, son affection pour sa ville l’amène à réaliser « Une nuit ce jour-là », portrait nocturne et poétique d’une ville parmi d’autres villes du monde. Il recevra, peu après, une « Antenne de cristal » décernée par les « journalistes- critiques » de la télévision (*).

Dans les années ’80, il travaille régulièrement pour l’émission « Télétourisme » produite par Guy Lemaire. Et l’année 1987 verra le Liégeois d’origine chinoise faire son premier voyage jusqu’en Chine ! Cette année-là, en effet, il accompagne, avec une équipe de télévision, 300 jeunes Belges partis en « représentation culturelle et économique » avec le train Bruxelles-Pékin. Toute une aventure dont il ramènera des images pour le moins précieuses. Un « Strip tease » suivra avec « Voyage autour de ma chambre ».

Les années’90, le verront quitter la RTBF mais pas le cinéma documentaire. En 1993, à l’occasion d’une soirée culturelle et associative dans le quartier St Léonard de Liège, est projeté… « Les Rues de Liège », ce film qu’il avait réalisé en 1956 et qui était resté, oublié dans une cave, pendant près de 40 ans ! Le succès est énorme. D’anciens collègues, présents dans la foule, Jean-Claude Riga, réalisateur-producteur, le sollicitent : pourquoi ne pas réaliser une « suite », un regard contemporain (nous sommes en 1993) sur le Liège de 1956 ?

Une aventure commence alors qui durera longtemps. « Les rues de Liège, balade à deux temps, 1956-1996 » est présenté à plusieurs reprises au cinéma Le Parc, à la télévision belge, sur TV5 international, diffusé à des milliers d’exemplaires en cassettes VHS ! En 2003, preuve de son caractère « universel », le film est même diffusé sur CCTV6, l’une des chaînes nationales de la télévision chinoise et se voit encore, régulièrement présenté, diffusé, y compris à la RTBF ! A cette heure, « Les rues de Liège, balade à deux temps, 1956-1996 » connaît une nouvelle diffusion en format DVD et augure encore de fort beaux jours de diffusion… tant ce film se trouve à la fois enraciné dans notre ville et porté à jeter un regard fraternel sur le monde tout entier…

Georges Yu a quitté ce monde comme il a vécu : en homme libre ! Au retour d’une promenade, une chute lui a fait perdre conscience avant de lui faire perde la vie.

Cinéaste, réalisateur, militant infatigable pour le lien humain, le vrai, le grand, il aimait l’humanité, la justice et la fraternité… Georges Yu était un homme amoureux de la vie. S’il part un peu, il fait partie de ces êtres qui laissent des traces et des sédiments fertiles. Il restera pour toujours au fond de chacun d’entre nous.

       

(*): Les Antennes de Cristal étaient décernées par des médias belges (Union des critiques de l'audiovisuel) et récompensaient les meilleures émissions TV et Radio belges

2 commentaires:

  1. Je ne sais pas si ce petit commentaire va arriver à notre ancien voisin et ami Roland HUSSON..........j'en serais si heureuse! Te souviens-tu de nous Roland : Danièle et Christiane NISen?? tes deux voisines de l'Avenue des Fleurs??Je ne t'ai jamais oublié!
    Christiane
    constance.aknouche@wanadoo.fr

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  2. Merci pour ce commentaire mais il serait mieux placé sous l'article concernant le livre de Roland Husson, ici

    http://catinus.blogspot.com/2011/05/roland-husson-un-autre-regard-sur-new.html

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