" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

samedi 16 juillet 2011

Une longue promenade à Manhattan







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Dans le roman de Paul Auster, « La cité de Verre « , au chapitre 11, Quinn, le héros, entame un long périple dans Manhattan.

Accompagnons-le, block après block, rues après avenues.

* La première portion du parcours le conduit de la 72 ème rue ouest à Central Park West, qu’il suit jusqu’à Columbus Circle. « A New York, plus que nulle part ailleurs, la vie peut changer subitement d’une rue à l’autre ». Les immeubles qui longent Central Park jusqu’à Columbus Circle sont parmi les plus beaux de la ville.

* Arrivé à la statue de Christophe Colomb, Quinn continue vers l’est puis longe Central Park South jusqu’à Madison Avenue. : La Trump Tower, l’IBM building, Fuller building, le Sony building, Park Avenue plazza. Et encore les Villard Houses, la cathédrale Saint Patrick, etc...

* Après avoir déambulé au hasard, Quinn poursuit vers le sud et se trouve au carrefour de Broadway, de la 23 ème rue et de la 5 ème Avenue. Lentement , la ville change. La descente vers Battery Park s’amorce. « Places to find peace and quiet « , si nombreuses à New York.

* Après une pause devant l’immeuble Flatiron, Quinn emprunte la 23 ème rue et prend vers l’ouest jusqu’à la 7 ème Avenue, où, tournant à gauche, il s’enfonce jusqu’à Sheridan Square. Nous pénétrons dans Chelsea, le quartier change de physionomie. Les immeubles d’habitation ont laissé la place à des entreprises, des dépôts, des magasins.

* A Sheridan Square, au carrefour de sept rues en labyrinthe, reprendre vers l’est, longer le Waverly Place, traverser la 6ème Avenue et arriver à Washington Square. Chelsea est devenu Greenwich Village. En théorie. Car les frontières des quartiers bougent, car le damier de la ville est poreux, les rues tortueuses.

* Quinn choisit ensuite un tracé quelque peu sinueux : la rue Houston, sur la droite, puis West Broadway, puis la rue Canal sur la gauche, puis un petit parc sur la droite et enfin une volte-face vers la rue Varick lui permettant ainsi de passer devant le numéro 6 où il avait vécu autrefois. De nouveau, cette impression de perpétuel changement, dans cette portion de la 7 ème avenue à partir de la 16 ème rue ouest, soudain envahie par les boutiques chics, vêtements et cosmétiques., art de vivre et arts de la table.

* A cette hauteur de SoHo et de TriBeCa, la ville descend littéralement vers le Lower Manhattan. Le métronome s’enraye, l’ancien côtoie le moderne, mais surtout la ville haute, verticale, prend à la gorge : le ciel a disparu. Oppression de la rue qui rétrécit, perd ses repères. La lumière baisse… Site du Word Trade Center …, vous propulse dans un autre monde où l’humanité n’a plus sa place … Que viennent faire ces fleurs en pots et ces bouquets, ces pots de miel et ces légumes frais parmi ces gratte-ciel ?

* Quinn envisagea un instant de prendre le ferry-boat pour Staten Island. Staten Island : un Ellis Island à l’envers. Un départ pour contredire le passage par « l’île des larmes « .

* Mais Quinn se ravise ; il remonte vers le nord, suit Broadway, tourne à droite à Fulton Street, traverse les miasmes du Lower East Side puis le quartier chinois.

* Bien que Quinn, une fois l’Union Square coupé en diagonale, remonte à Park Avenue South pour mettre ensuite cap au nord à la 23 ème rue, virer à droite et se retrouver sur la 3 ème Avenue qu’il emprunte jusqu’à la 32 ème rue.

* A la 3ème rue, Quinn prend à droite, gagne la 2 ème Avenue, tourne à gauche, puis à droite pendant trois rues jusqu’à la première Avenue. De grands carrefours désolés, des rues sans joie bordés d’immeubles ternes, tristes, et de grandes tours de bureaux. L’East River, toute proche. Cette ville apparaît soudain comme à l’extérieur de la ville.

* Le banc de pierre de la place du palais des Nations unies où Quinn ouvre son cahier rouge, sort de sa poche le stylo du sourd-muet et commence une nouvelle page.

« Jaillissent des rues de New York une terrible énergie, une charge énorme, une sorte de folie, un chaos permanent qui fatigue et qui inspire. Et chacun peut pénétrer dans cette foule avec son humeur du moment. « «

( Extraits de « Le New York de Paul Auster « , Gérard de Cortanze )

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