" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

dimanche 26 juin 2011

" Lettres à un adolescent " anthologie proposée par Camille Laurens





















Vingt-six lettres. Vingt-cinq écrivains écrivent à leurs enfants, leurs frères ou sœurs. Ils leur donnent souvent des conseils, de type philosophique, par exemple, ou alors moraux, religieux. D’autres y vont de terrifiantes invectives quand ce ne sont pas des sommations. D’autres encore choisissent l’affection ou l’amitié.

Elles en disent long sur leurs auteurs … Par exemple :

* Victor Hugo qui exprime tant de si beaux sentiments paternels à sa fille Léopoldine.

* Flaubert décrit physiquement Victor Hugo à sa sœur Caroline.

* Alexandre Dumas assomme littéralement son fils Alexandre et lui conseille, plus que vivement, la maîtrise du latin, du grec, de l’allemand, de l’italien, de l’anglais, … l’étude de la Bible et la lecture des auteurs français.

* Georges Izambard susurre à l’oreille d’ Arthur Rimbaud un très précieux conseil poétique ( voir plus bas ).

* Colette y va d’un conseil anti-tabac adressé à sa fille Colette, dite « Bel-Gazou « ( conseil qui est encore de mise aux jours d’aujourd’hui )

Extraits :

- Soyons nous-mêmes, soyons simples et ayons une grande délicatesse. S’il me fallait choisir une femme, je ne lui demanderais pas d’être autre chose ni d’autres qualité. ( Alain-Fournier à sa sœur Isabelle )

- Les jeunes gens sensés savent bien ce qu’ils doivent rechercher chez une femme : la douceur, la gaieté et le don de leur rendre l’existence plus belle et plus facile ( Sigmund Freud à sa fille Mathilde )

- Je ne veux pas vous dire que vous êtes fou, cela vous mettrait aux anges. Mais si vraiment vous croyez que c’est arrivé, je veux vous prouver au contraire que , d’être absurde, c’est à la portée de tout le monde.

La Muse de Méphitiques

Vois-tu le bourgeois baveux qui s’offusque

Se cramponner d’horreur à son comptoir,

Agglutiné contre comme un mollusque ?

Vois-tu le bourgeois baveux qui s’offusque

Et sa police, œil dans un vase étrusque ?

Nous leur mettrons les boyaux en sautoir.

Vois-tu le bourgeois baveux qui s’offusque

Se cramponner d’horreur à son comptoir ?

Voici venir l’ère des pourritures

Où les lépreux sortent des lazarets …

Ô fleurs du Laid, rutilantes ordures,

Voici venir l’ère des pourritures …

Lors, fourrageant dans les monts d’épluchures,

Nous chanterons l’hosannah des gorets.

Voici venir l’ère des pourritures

Où les lépreux sortent des lazarets.

Vous voyez, c’est fort simple : vous prenez les pensées les plus incohérentes, les mots les plus hétéroclites, vous les accouplez tant bien que mal, et de ce croisement naît avant terme un délicieux petit fœtus que vous enfermez, soigneusement étiqueté, dans un bocal ad hoc … Et prenez garde, avec votre théorie du voyant, de finir vous-même en bocal, monstre au Muséum. ( Georges Izambard à Arthur Rimbaud vers le 15 mai 1871 )

- La vie n’est que déceptions pour ceux qui, comme toi, sont pleins d’idéalités. Il faut s’armer de courage et s’attendre au pire. ( De Max Jacob à Jacques Mezure )

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