" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

mercredi 20 avril 2011

Junichirô Tanizaki : " Journal d'un Vieux Fou "





















La vie d’un vieux pépère de 76 ans qui, jadis, pouvait ingurgiter deux litres de saké mais qui maintenant se contente de deux ou trois coupelles, à l’occasion.
Il est de santé très fragile, le Papy, et surtout il avale un nombre impressionnant de pilules et d’injections dont certaines viennent d’Allemagne. Il est suivi par une infirmière, une servante, moins par sa femme, encore moins encore par ses deux filles, son fils ; mais nettement beaucoup- beaucoup plus par sa belle-fille dont il s’est pris d’une affection démesurée ( on le dit un peu fou ).

Où il est question d’une bague œil-de-chat, d’un estampage de pied, d’une tombe sous un bouddha, d’un cadeau de trois millions de yens, d’un professeur nommé Fukushima ( sic ! ). Et comme le disait le feu Général de Gaule : « La vieillesse est un long naufrage « .

Extraits :

- Je sais pertinemment bien que je ne suis qu’un vieillard répugnant et couvert de rides. La nuit, avant d’aller me coucher, lorsque je me regarde sans dentier dans un miroir, je me trouve une drôle de figure. Mes mâchoires ne comptent plus une seule dent à moi, ni en haut, ni en bas. D’ailleurs je n’ai même plus de gencives. Quand je ferme ma bouche, mes lèvres collées forment une ligne mince sur laquelle mon nez pend quasi jusqu’au menton. (… ). Pas un être humain, pas même un singe, ne voudrait une figure aussi hideuse. Evidemment je ne suis pas stupide au point de vouloir être aimé des femmes dans de telles conditions.

- Etant né durant l’ère Meiji, je suis moi-même petit, faisant à peine cinq pieds deux pouces, tandis que Satsuko a un pouce et trois dixièmes de plus que moi, soit 1m61 et 5mm.

- Le maquillage était également fort différent autrefois, plus simple aussi. Les femmes mariées, en général toutes celles qui avaient plus de dix-sept ans, dix-huit ans, avaient les sourcils rasés et les dents teintes en noir. Cette coutume tomba progressivement en désuétude à partir du milieu de Méiji, mais elle subsistait encore dans ma petite enfance. Je me souviens encore de l’odeur singulière de la pâte employée pour se noircir les dents. ( …) Satsuko, elle, a une permanente, des boucles d’oreilles, elle se peint les lèvres en corail pink ( … ) , se met du crayon à sourcils, du fard à paupières, se colle des faux cils ( …).

- Est-ce que ce professeur Fukushima est digne de confiance ? Oui, bien sûr, il n’y a aucun doute à avoir, puisqu’il travaille au service d’orthopédie de l’hôpital P.Q. dont vous connaissez la réputation.

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