" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

lundi 4 avril 2011

Henry de Montherlant : " Moustique "





















A mi chemin entre fiction et réalité, Henri de Montherlant a écrit ce livre en 1929 et il ne sera publié que de façon posthume. Un vrai roman picaresque, nous dit Pierre Sipriot, la vie d’aventure d’un homme et d’un adolescent entre qui il n’y eut sans doute pas d’histoires sexuelles.

Un écrivain engage donc un adolescent de 14 ans qui sera son servant sur les routes d’Italie, d’Espagne et d’Algérie. Un gosse de Marseille, enfant naturel oscillant entre le français, l’espagnol et l’arabe. L’écrivain se défend de toute accusation déplacée « sans moi, on l’envoyait en prison ( car Moustique s’était fait pincé pour vols ), et ensuite dans une maison de correction jusqu'à sa majorité « . Son vrai nom à Moustique, « c’est Albert, mais on l’appelle Vincent… et il a encore un autre nom. On l’appelle donc Moustique, tellement qu’il est embêtant. Pareil à un moustique «

Dans un avertissement, Montherlant indique : « En 1929, j’écrivis Moustique, roman dont l’action se passe dans le peuple : on y voit comment meurent les gens qui n’ont pas de quoi s’acheter des fortifiants. ».

Et toujours du critique Pierre Sipriot : « La vie devant soi d’Emile Ajar-Romain Gary a passionné des milliers de lecteurs. Moustique mérite le même sort ( … ) Cinq ans avant Le Voyage au bout de la Nuit de Céline, il avait su donner une forme pleine, intelligente, résolue au langage des plus pauvres . «

A noter que le premier chapitre est consacré à la description d’une aventure en chemin de fer dont l’auteur se révèle être un expert en ce qui concerne les approches abruptes de la gente féminine mais qui n’a absolument – sauf erreur – rien à voir avec notre Moustique.

Un livre délicieux et si injustement méconnu.

Extraits :

- Pourtant, il me rendait des services. Sa mémoire et son sens de l’orientation – deux qualités qui me font amèrement défaut – m’étaient utiles. Très vite, il voyait tout, savait tout, exécutait tout et se servait de Madrid mieux que moi.

- Moustique : quand je voyais des anglais, je leur disais : « Biontifoulladicomzitoni « Vous comprenez ?

Moi : ma foi non.

Moustique : alors vous savez pas l’anglais. Vous m’avez dit que vous saviez ! Ca veut dire : « Je connais des belles dames. Venez avec moi ! ( Beautiful ladies ! Come with me )

- J’aime son accent et je réalise combien il me manquerait, combien Paris me serait plus intenable encore si je ne l’avais pas ( … ) Il fait beau, je le laisse libre et je sors moi-même. « Monsieur M., je ferai le travail cet après-midi. Laissez-moi aller prendre le soleil « (… ) « Je ne peux pas travailler aujourd’hui, je suis amoureux. « Je lui donnais congé ces jours-là. Peut-on demander du travail à quelqu’un qui est amoureux ?

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