" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

vendredi 25 mars 2011

" Mémoires d'enfances " de Jean-Paul Gourévitch et Jacques Gimard
































































Beaucoup d’écrivains avouent n’avoir gardé aucun souvenir de leur enfance. D’autres ont gardé des impressions extrêmement précises, heureuses, idéalisées, plus tristes ou carrément pénibles. Ceux-là décrivent leurs familles les copains, les premiers amours ; les jouets, les jeux ; l’école ou l’école buissonnière ; les rêves, les voyages réels ou imaginaires ; la maladie, la mort ; l’enfance religieuse, paysanne, ouvrière, …

Nous retrouvons dans cet ouvrage, via de courts textes, les souvenirs de Jules Renard, Sartre, Marguerite Yourcenar, Colette, Mauriac, Proust, Gary, de Beauvoir, Simenon et tant d’autres.

A souligner également une grande quantité d’images, de photos qui datent d’un siècle ou plus encore et dont certaines sont délicieuses.

Extraits :

* Michel Déon raconte que le jour de la mort du père, la mère fait coucher le fils dans son lit. Un psychanalyste dauberait sur cette substitution.

* Les filles de la bande. Voici Mimi avec ses yeux malicieux, son nez en trompette et ses cheveux ébouriffés. Le vrai type gavroche. Elle dit des horreurs candidement et des choses naïves avec l’air de ne pas y croire. Coquette, elle, prétend avoir quatorze ans. Elle en a douze en vérité.

Voilà Amélie, la figure sale, en désordre et mal peignée. Les gamins dont le vocabulaire est pauvre, mais expressif, l’ont surnommé « Torchon « . « Torchon « se complaît dans sa crasse. Comme les plantes sur le fumier, elle croît avec vigueur.

( Alfred Machard, « Néness, Trique, Bout, Miette et Cie «, E Figuière, 1911. )

* Première rencontre. Elle réfléchit encore un moment puis se leva.

- Je reviendrai peut-être demain, dit-elle. Je ne sais pas. Je suis imprévisible. Quel âge as-tu ?

- Je vais avoir dix ans.

- Oh, tu es beaucoup trop jeune pour moi. J’ai onze ans et demi. Mais j’aime bien les fraises des bois. Attends-moi ici demain à la même heure. Je vais revenir, si je n’ai rien de plus amusant à faire.

( Romain Gary, « Les cerfs-volants « , Gallimard, 1980 )

* Lourd destin. Mon père et mon oncle étaient parmi les plus pauvres du quartier. Mais ils n’avaient que des filles. Aussi, étais-je plus heureux à la maison que la plupart de mes camarades au milieu de leurs frères. J’étais l’unique garçon de la maisonnée. J’étais destiné à représenter la force et le courage de la famille.

( Mouloud Feraoum, « Le fils du pauvre « , seuil, 1954 )

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