" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

vendredi 4 mars 2011

" La vie d'Arthur Rimbaud ", par Jean Bourguignon et Charles Houin



Arthur Rimbaud est né à Charleville en 1854. Il fut un élève prodigieusement brillant : « Intelligent tant que vous voudrez ; mais finira mal « ou « Rimbaud était donc le héros du collège. Devant un pareil élève éclatait l’admiration des professeurs de lettres. « ou encore « rien de banal ne germe en cette tête ; ce sera le génie du mal ou celui du bien « . Il est rebelle mais avant tout il se sent poète , veut le devenir pleinement et ne rêve que de s’immerger dans Paris .

Il fera donc de multiples fugues de la maison familiale.

La première date du 4 septembre 1870. Il n’ira pas plus loin que la gare du nord à Paris où il est arrêté et séquestré. La seconde en octobre à Charleroi mais on n’a pas besoin de lui au Journal. En février 1871 chez André Gill mais c’est la guerre et on n’a pas besoin de poète. Début mai, quatrième fugue mais il tombe en plein dans les combats. En octobre 1871, chez Verlaine pour la première fois. De juillet ’72 jusqu’au printemps ’73, avec son ami Verlaine, il gagne la Belgique puis Londres. En mai 1873, de nouveau les deux amis en Belgique où Verlaine tire au pistolet sur Rimbaud.

Rimbaud a écrit toute son œuvre durant cette période. Ensuite, il n’écrira plus et ne voudra même plus entendre parler de littérature. Il s’en va séjourner quelque temps dans des villes européennes, à Chypre, au Caire, s’enrôle dans l’armée hollandaise. Il passera de nombreuses années a Aden et Harar ( Arabie et Somalie ) où il travaille dans des comptoirs à vendre du café et des armes.

Il décède à 37 ans, en 1891 , à Marseille.

Ce livre est la toute première biographie du poète ; elle date de 1901.

Extraits :

- « Je crois en toi ! Je crois en toi ! Divine mère,

Aphrodite marine ! – Oh ! la route est amère

Depuis que l’autre Dieu nous attelle à sa croix ;

Chair, Marbre, Fleur, Vénus, c’est en toi que je crois. «

- Dans cette lettre, il se déclarait « absolument écœuré par toute la poésie existante, passée ou présente » ; Racine ? peuh ! … Victor Hugo … Pouah !... Homère ? Homère ! … L’école parnassienne l’avait un instant amusé, mais pfuittt ! Il n’en parlait plus … Qu’avec des rancœurs d’amoureux déçu. Verlaine, seul.

- ( description de Rimbaud par Verlaine ) « C’était pour le moment une vraie tête d’enfant dodue et fraîche, sur un grand corps osseux et comme maladroit d’adolescent qui grandissait encore et de qui la voix accentuée en ardennais, presque patoisante, avait des hauts et des bas de la mue « .

- Au milieu de ces fréquentations littéraires et artistiques, Rimbaud menait une existence étrangement anormale d’homme ivre et visionnaire. Appliquant sa théorie qui consistait à chercher les sensations les plus variées dans la multiplicité des excitations sensorielles, il se grisait, par système, d’alcool, de haschisch, de tabac ; il goûtait les impressions de l’insomnie et du noctambulisme ; il vivait en somnambule, possédé par ses phantasmes et ses visions intérieures.

- Sauf quelques enthousiastes, la plupart de ceux qui le fréquentèrent ne l’ont ni compris ni deviné et se sont totalement mépris sur sa personnalité. Ses allures, ses attitudes, ses propos étonnèrent, inquiétèrent, stupéfièrent, épouvantèrent nombre de gens qui virent à côté du poète (Verlaine ) un « insupportable voyou « ou pire encore.

- ( Rimbaud se décrit ) » Je suis timide, je n’ai pas l’habitude du monde, je ne sais pas me tenir, je ne vaux rien dans la conversation … Oh ! pour la pensée, je ne crains personne. «

- Il possédait l’anglais d’une façon si parfaite que les Anglais les plus instruits en restaient tout surpris ; l’allemand, le russe, l’italien, l’espagnol, le dialecte wallon, le grec moderne, l’arabe, d’autres idiomes encore lui étaient familiers.

- L’Orient, objet de ses désirs et de ses efforts, aura bien été atteint. Mais cette possession ne le contentera point et le charme en passera comme celui de Paris et de la littérature.

- ( à propos d’une carte de la route Du Choa ( Somalie ) « Cette route a été parcourue par M. Arthur Rimbaud, qui était mon employé à Harar. M. Arthur Rimbaud, qui est mort il y a quelques années, était le poète décadent bien connu ; c’est lui qui fit le fameux sonnet sur la couleur des voyelles, si apprécié des symbolistes. «

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