" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

mercredi 30 mars 2011

Gustave Flaubert : " Mémoires d'un Fou "



















C’est à dix-sept ans que Gustave Flaubert a écrit ces ( ses ) « Mémoires « . Un œuvre surprenante à plus d’un titre. Une gymnastique philosophique d’un être tout jeune encore et qui pourtant est déjà si désabusé, si désenchanté mais également tellement lucide. En apostrophant le lecteur, il avance ses arguments et nous fait part de ses méditations. Toutefois, il faut souligner que Gustave Flaubert n’oublie pas que l’humour reste primordial. Il aime, par exemple, l’autodérision. Viennent également se greffer une première grande histoire d’amour pour une dame mature dont il s’éprend sur une plage, non loin de son pays, la Normandie. Puis un amour tout aussi platonique pour une adolescente qui a donc juste quelques années de moins que lui. Deux histoires d’amour romantiques à souhait et quelques excellentes séquences de haute littérature, déjà.

Bref, une très agréable surprise !

Extraits :

- Car il faudra bien que tout finisse et que la terre s’use à force d’être foulée ; car l’immensité doit être lasse enfin de ce grain de poussière qui fait tant de bruit et trouble la majesté du néant.

- ( … ) puis au loin, l’océan bleu sous un soleil ardent, et mugissant sourdement comme un géant qui pleure.

- Je croyais qu’une femme était un ange … Oh ! que Molière a eu raison de la comparer à un potage !

- L’art ! L’art ! quelle belle chose que cette vanité !

L’homme, avec son génie et son art, n’est qu’un misérable singe de quelque chose de plus élevé.

- J’ai longtemps pensé aux morts dans les cercueils, aux longs siècles qu’ils passent ainsi sous la terre pleine de bruits, de rumeurs, de cris, eux si calmes, dans leurs planches pourries dont le morne silence est interrompu parfois, soit par un cheveu qui tombe, ou par un ver qui glisse sur un peu de chair. Comme ils dorment là, couchés, sans bruit, sous la terre, sous le gazon fleuri.

- Pauvre faiblesse humaine ! avec tes mots, tes langues, tes sons, tu parles et tu balbuties ; tu définis Dieu, le ciel et la terre, la chimie et la philosophie, et tu peux exprimer, avec ta langue, toute la joie que te cause une femme nue … ou un plum-pudding.

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