" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

mardi 22 février 2011

Michel Carly : " Simenon et les Femmes "




















Il existe de nombreux spécialistes de Georges Simenon. Michel Carly en fait partie : il a déjà publié plus de dix ouvrages sur le père de Maigret et son dernier essai vient de sortir de presse. Pour la petite histoire, M. Carly était à la foire du livre de Bruxelles où il nous a proposé, sous forme de conférence, son remarquable « Simenon et les femmes ».

Et l’on sait qu’elles sont nombreuses : à commencer par sa mère, Tigy, sa première épouse, Denise, sa seconde , Teresa , sa dernière compagne. Et toutes les autres : Boule, sa très fidèle servante qui remplit également d’autres fonctions : amante, maîtresse, confidente ; les françaises, les belges, les africaines, les américaines, etc. Partout et toujours, Simenon a voulu connaître les femmes, la femme. A travers son ouvrage, Michel Carly nous en dresse un inventaire complet, qui, il faut le souligner, est assez hallucinant…

Vous y trouverez également une foule de conseils-lectures qui concernent les principaux romans qu’affectionne et recommande particulièrement l’auteur . Saluons, par ailleurs, le remarquable travail de documentaliste qui sait rester discret dans ses analyses et commentaires.

L’œuvre gigantesque de Simenon peut être comparée à une autobiographie car tout le parcours, extrêmement mouvementé de l’écrivain, colle à ses personnages. Sa vie privée et celle des personnes qu’il a côtoyées transpirent à chaque page. Un hallucinant , un prodigieux copier-coller romancé.

Un livre incontournable pour tous les amateurs de Georges Simenon !

Extraits :

- ( Simenon ) « Je lèche mes plaies comme un bête (… ) je suis malhabile à rendre les minutes radieuses ( … ) J’ai une certaine idée du destin de l’homme. Je n’ai pas beaucoup d’espoir en l’homme. Quand il y a un tout petit achèvement, je suis content «

- ( Simenon ) « Je n’ai jamais lutté contre la religion, je n’en ai jamais dit le moindre mal, mais je me suis senti tout à fait à côté d’elle «

- ( Simenon se décrit à Tigy dans une lettre en 1922 ) « Il paraît que mon caractère n’est pas le même que celui des gens d’ici. Pour cela, on m’aime beaucoup. On croit que j’arriverai très loin pour des tas de raisons : parce que j’ai une confiance sans borne. Parce que je n’hésite pas à entreprendre des choses invraisemblables. Parce que je trime sans arrêt. Parce que j’ai beaucoup de talent. Parce que mon art est infiniment personnel «

- ( à propos de Boule ) Henriette est le type préféré de Simenon : blonde, dodue, simple et naturelle. Elle est jolie, primesautière, volontiers narquoise. Une affection naît, une animalité charnelle les réunit ( … ) Dévouée, elle sera une merveilleuse deuxième mère pour ses enfants.

- ( de Micheline Soudard, sa secrétaire ) Simenon était un homme remarquable ; doté d’une faculté d’écoute extraordinaire … Il ne s’adressait aux gens que sur le ton interrogatif ( …) Pour lui tout était prétexte à la fête. Mais il se complaisait dans des situations équivoques, comme ses personnages …

- ( à propos de Denise ) « J’aimais les femmes blondes. Elle était maigre et brune. J’aimais les femmes simples et j’étais tombé sur la plus compliquée que j’eusse jamais rencontrée. «

- « Je me demande si la femme n’est pas avant tout fière de son instinct de femelle. En tout cas elle était une femelle pour moi. Au mot – femme -, je préfère – femelle – et le plus beau rôle de la femme est d’être la femelle d’un mâle. »

Evidemment, Simenon déclare ne pas croire à la fidélité masculine et considère l’épouse jalouse comme une plaie.

- « Dis-moi combien d’années, sur mes quatre-vingts ans, j’ai réellement vécues. Tu serais étonnée. Lorsqu’on met les bons moments bout à bout, ceux que l’on a l’impression d’avoir été pleinement soi-même, il ne reste presque rien, quelques souvenirs qu’on peut compter sur les doigts. «

- A Eric Laurent le questionnant sur France Culture en mars 1975, Simenon devenu septuagénaire avoue ne souhaiter rien revoir de sa vie : « Pas une nostalgie, pas un regret, pas un pays, pas une ville, et pas une femme « Deux ans plus tôt, il a dicté cet aveu « Tout est vrai. Tout a été vécu. J’ai envie d’ajouter : pour rien. «


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