" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

mercredi 16 février 2011

François Cavanna : " Lune de Miel "

















Il y a très longtemps de cela, j’avais hautement apprécié certains livres de François Cavanna. Quelle plume ! Quel talent narratif, sachant allier l’humour, la tendresse ( et si ! ), à une verve devenue légendaire . Grand méchant loup mais au cœur de beurre quand même. Quelles merveilles, quel style dans « Les Ritals « , « Les Ruskoffs « , « Maria « « Bête et méchant « , « Les Yeux plus grands que le ventre « , etc.

Avec ses potes, il a créé des hebdos qui ont marqué la presse française. « Charlie Hebdo « et « Hara Kiri « . Et dans cet ouvrage, ci-présent, il nous conte ces aventures plus que tumultueuses. Puis également la période où il fut réquisitionné au Sto, - service du travail obligatoire -, donc esclave en Allemagne dans les années de guerre, période qui l’a marqué à vie ( on peut le comprendre ). Et encore, sa passion pour la littérature, son épouse, ses enfants, ses amis, etc. Puis la garce qui lui tient compagnie, jour après jour, : Miss Parkinson.

Un beau pré-bilan général !

Extrait :

- Boileau m’emmerdait. En plus, il me répugna quand j’eus appris qu’une oie – ou un canard ? – lui avait, d’un cruel coup de bec, coupé le zigouigoui quand il était enfant, et que depuis … Oui, grosse malheur.

Mais il y avait Lafontaine. Aussi peu classique que possible, d’ailleurs. On se demande bien ce qu’il fout là. Les autres, les Racine, les Boileau, La Bruyère et compagnie se foutaient de sa gueule. Il n’avait pas la vénération de l’alexandrin, figurez-vous. Il faisait rimer « semaine « avec « Carmen « ( cherchez ! ). Il était tête en l’air, se cognait dans les murs, se trompait de maîtresse. On le tolérait dans la bande parce que, bourré, il racontait des histoires sales qu’il avait mises en alexandrin. Il ne tolérait l’alexandrin que pour cet usage, de même qu’il usait de torche-culs brodés d’or.

« Dans un chemin montant, sablonneux, malaisé,

Et de tous les côtés au soleil exposé,

Six forts chevaux tiraient un coche «

A déclarer au lever et au coucher.

Le gars qui a écrit ça peut aller se coucher. Il a travaillé pour sa vie entière.


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Vidéo. En 1968, François Cavanna nous décrit sa vision de l'an 2000 :

http://www.ina.fr/media/presse/video/CAB7801227201/francois-cavanna.fr.html

Trois dessins de Charlie :

http://catinus.blogspot.com/2009/05/deux-journaux-betes-et-mechants.html

Une " radioscopie " de François Cavanna :

http://www.dailymotion.com/video/xah0du_seconde-radiscopie-de-cavannapar-ja_webcam



2 commentaires:

  1. Bonjour, comme je suis un grand admirateur du bonhomme ça me titille un peu la faute dans un des titres : C'est Les YEUX plus grands que le ventre" ;)
    Sinon je suis content que le livre vous plaise, ainsi que son auteur, car il mérite à être plus connus.

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  2. Merci à vous, Sepia, pour votre remarque judicieuse ( j'ai apporté la correction ).
    Tout à fait d'accord avec vous : Cavanna mériterait une meilleure reconnaissance, c'est un grand.
    Bravo à vous d'être un admirateur du bonhomme !
    J'irai visiter vos blogs.
    Bien à vous !

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