" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

vendredi 28 janvier 2011

Jean Teulé : " Je, François Villon "



















ATTENTION ! POUR PUBLIC AVERTI !

Oyé-oyé, braves gens ! Esgourdez l’histoire dantesque de François de Montcorbier, dit François Villon, dit « couille de papillon ». Il fut , voici belle lurette, le premier rossignol de la France. Et plus d’un l’ont déclaré le tout premier grand poète français.

Jean Teulé avait déjà commencé son voyage en poésie avec Rimbaud et Verlaine. Le voici, cette fois, avec notre « Rossignol « . Drôle d’apôtre que ce François. Orphelin, élevé par Maîstre Guillaume, chanoine, son tuteur, il devint ecclésiastique, érudit et lettré. Mais pas pour longtemps car ce qui l’intéresse c’est la vie ès truanderie. Il connaît tout : les vols, les crimes, les viols, … et excelle dans la poésie qui chante cette vie maudite, de scélérat, de misère, de souffrances, dans un moyen-âge qui ne semble qu’effroi, au milieu d’autres larrons en makellerie et ribaudes.

Un récit romancé, soit, mais Jean Teulé s’est très largement inspiré d’essais sur notre poète, d’ouvrages historiques. Il ne nous épargne rien et, souvent, il faut bien s’accrocher quand on lit certaines lignes épouvantablement crues : celles d’hommes bouillis vifs dans une grande cuve, d’être humains transformés en pâté, des séances de tortures,.... Une époque où l’on marquait au fer rouge, sur le front, les prostituées ; les oreilles coupées pour les voleurs ( une, puis deux, puis …), les yeux crevés pour les « voleurs vivant de mendicité « , … « Priez Dieu que tous nous veuille absoudre ! « . L’on retrouvera, dans ce récit d’épouvante, les poèmes de Villon, en ancien françois, avec traduction plus compréhensible.

Extraits :

- « J’ai choisi maistre François pour mère nourricière « Arthur Rimbaud.

- J’IDOLÂTRE François Villon, Mais être lui, comment donc faire ? « Paul Verlaine.

- ( à propos d’Isabelle , une recluse ) Il finit d’élever une maçonnerie derrière mon amour qu’il enferme dans un petit réduit où elle ne pourra que se tenir debout ou s’asseoir sur un banc de pierre, jamais se coucher, jusqu’à la fin de ses jours. ( …) Des passants charitables déposeront de la nourriture entre les barreaux des ouvertures, glisseront des couvertures en hiver . Certaines résistent longtemps. Regarde là, Jeanne la Verrière, quarante ans qu’elle est dans sa loge.( …) Rares sont ceux qui tiennent aussi longtemps. Passé les premières années, elles meurent presque toutes de folie là-dedans.

- L’abbesse explique à a jeune fille : tu feras partie d’un convoi de nonnes chargé de suivre les gens en pèlerinage pour Compostelle. Ton rôle sera de satisfaire leurs désirs charnels. (… ) Ils verseront pour cela de l’argent qui servira à la communauté de sœurs ribaudes. Tu seras putain de Dieu !

- Eberlué, (parlant à Villon ) le duc d’Anjou essaie de comprendre

* Quels dont vos autres thèmes ?

*( Villon ) Presque tous mes vers tournent sur moi, sur ma vie, mes malheurs, mes vices. Je trouve mon inspiration dans les bas lieux, dans les amours de coin de rue.

* Pourquoi ne racontez-vous pas un quatrain par exemple, un peu de neige sur une branche ?

* Ce n’est pas le scintillement de la neige sur la branche que je vois l’hiver mais les engelures aux pieds.

* Décrivez la rivière de Maine, la forêt là-bas.

* Je ne suis pas champêtre, pas paysagiste du tout ! Mon seul arbre est la potence. ( …) Il n’est de paysage que la ville, le cimetière est ma campagne, mes couchers de soleil sont les rixes dans rue. Je sors de la poésie bel esprit.

- On a mis huit nourrissons vivants à rôtir au-dessus de braises. A cet âge là, on dirait des agneaux de lait.

- Je suis devenu courbé et bossu, j’entends très mal, ma vie décline, je perds mes cheveux sur le dessus. Chacune de mes narines coule, j’ai des douleurs dans la poitrine, je sens mes membres tout tremblants. Je suis impatient à parler. Mes dents sont jaunes et puantes comme des fosses d’aisance. Mon corps est devenu froid et sec. C’est la fin du mirage. Je rentre à Paris en cet automne 1461. Au bout de ma course, épuisé, je suis si las que c’est pitié.

- Louis XI, roi de France à Villon : Nous travaillons en même temps, moi à l’œuvre d’unité de la nation et toi à l’œuvre d’unité de notre langue. Je serai haï comme homme et admiré comme ouvrier de l’unité nationale. Toi, tu es méprisable par tes mœurs et admirable comme ouvrier de l’unité de notre langue. Nous sommes tous les deux sales, crapuleux, au chapeau gras.

- Folles amours font les gens bestes :

Salomon en ydolatria,

Samson en perdit ses lunectes.

Bien eureux est qui rien n’y a …

- Allez, ma lettre, faites un saut et,

Quoique vous n’ayez ni pieds ni langue,

Exposez en votre harangue

Que le manque d’argent m’accable.

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Et pour terminer

« Frères Humains « merveilleusement interprété par Léo Ferré :

http://www.youtube.com/watch?v=6ujFLoOghOM&feature=related

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