" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

samedi 4 décembre 2010

" Paul Delvaux raconte ... " par Pierre Ghêne et Paul Anrieu



























Paul Delvaux, artiste-peintre belge, né en 1897, décédé en 1994. Les deux auteurs de ce livre ont retranscrit quelques interviews de l’artiste. Des documents de la rtbf, par exemple ou des conversations qu’a eu Paul Andrieu , homme de théâtre, avec le peintre : anecdotes de la vie journalière, souvenirs de voyages mais aussi des propos divers de la vie de l’artiste. Ou l’interview de Danielle Canneel qui fut le modèle attitré de Delvaux durant 18 ans. Celle de Andrée Andrieu qui fut la secrétaire puis la confidente du couple que formait Paul Devaux avec sa seconde épouse Tam.

Autant de témoignages vivants et de toute première main. Pour ma part, ayant de réelles difficultés à comprendre la peinture en général ( mais doit-on la comprendre ? ), Paul Delvaux est un de ces rares artistes-peintres qui me touche avec autant de profondeur, une sorte d’impact visuel et émotif parfait ; certains de ses tableaux m’apparaissent comme étant tout proche de la perfection , comprenez qu’ils répondent à ce que j’en recherche.

Extraits :

- ( à la question : pouvez-vous définir le surréalisme ? )

C’est difficile ! Pour moi, ce qui m’intéresse, c’est le voisinage d’objets différents n’ayant aucun rapport entre eux mais qui, par une certaine association, provoquent un choc électrique.

- Quand vous entendez trois notes, trois notes seulement de Beethoven, Mozart ou Bach, vous êtes immédiatement plongé dans une ambiance sublime, d’une beauté étonnante, avec trois notes … C’est ça le miracle de la création et c’est inexplicable ! Même un poème qui ne signifie rien du point de vue de la compréhension directe peut avoir une beauté étonnante rien que par la musique des mots et la seule façon dont ils sont placés. On peut ainsi obtenir un résultat grandiose.

- ( de Danielle Canneel à propos de Delvaux )

Pour lui, la peinture, c’est avant tout des formes, des couleurs et surtout de la lumière, sans oublier, bien sûr, de la poésie. (…) Il ne réfléchit pas. Et pourtant sa toile est un miroir qui capte et reflète les rêves de l’humanité, ces rêves qui donnent forme à notre futur … davantage de féminin, moins de béton et plus de nature …

- ( et le côté angoissant que peut éprouver un artiste de ne pas être reconnu, quand il a déjà 60 ans ? )

Mais non ! Je n’ai jamais pensé à ça ! Evidemment, je me suis dit que c’était dommage, mais enfin voilà ! Ce n’est pas un sentiment qui m’a jamais tourmenté (…). C’est beaucoup plus simple ; le peintre peint parce qu’il aime peindre, c’est tout ! Toute la définition est là ! Tant que je pourrai le faire, je le ferai.

- Je ne peins jamais avec l'idée que l'on peut avoir un talent quelconque ; ça n'existe pas ! Au contraire ! J'ai toujours l'impression que ce que je fais ne correspond pas à ce que je voudrais réaliser. Je doute et espère toujours faire quelque chose de valable. J'ai d'ailleurs toujours douté et doute encore aujourd'hui du reste mais avec une certaine satisfaction d'avoir fait ce que j'ai pu. Comme disait Van Eyck : " Als ik kan " Comme je peux ! C'est une magnifique formule

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La Fondation Paul Delvaux :

http://catinus.blogspot.com/2011/04/la-fondation-paul-delvaux.html

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