" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

jeudi 30 décembre 2010

" Les écrivains sont dans leur assiette " de Salim Jay







Si certains écrivains, artistes, peuvent apparaître, quasiment, oui, comme des demi-dieux, (oups ! ), ils n’en restent pas moins des êtres humains comme les communs des mortels. Lors donc, il leur faut donc du carburent afin de titiller au mieux la muse et nous livrer, devant nos yeux ébahis, leurs œuvres. S’ils ne dédaignent pas les bonnes tables ( pour autant qu’ils aient quelques fiftons en poche ou un « cher ami « à portée de main ), le strict minimum fera l’affaire : le pain, le vin, le fromage, le caoua, le thé, la choucroute, le tabac, l’alcool, …


Quelques propositions plus ou moins honnêtes :


- Montherlant a l’habitude de déjeuner dehors sauf quand il veut rester au travail jusqu’à l’épuisement. Il a dans un tiroir des boites de sardines, qu’il ne sait toujours pas ouvrir calmement. Il lui arrive de se couper après cinquante ans de pratique.

- Romain Gary raconte : « On allait déjeuner dans les bistrots d’East River. Un de mes souvenirs les plus étonnants de New York, c’est un déjeuner chez moi avec Teilhard de Chardin et Malraux qui ce jour-là a prononcé le mot Dieu et pour la première fois, le jésuite parut gêné, comme si André avait montré qu’il ne savait pas se tenir à table. Il y eut alors un long silence, j’ai fait circuler la tarte au chocolat. «

- De Alain Robbe-Grillet : « j’ai tété le sein maternel jusqu’à plus de deux ans et ainsi sachant déjà marcher et parler presque couramment, j’ai pu réclamer en termes clairs cette exclusive nourriture par une phrase restée légendaire à la maison : « Pas lait tasse, lait à Maman « « .

- Vers 1920, Raymond Roussel, poète génial et milliardaire, faisait en un seul les trois repas du jour, absorbant ainsi seize plats de suite, de midi à cinq heures. Ses Rolls, en circulation continue, lui rapportait de Nice les plus beaux fruits.

- De Simenon : « Mon plat favori, c’est la bouillabaisse … Mais la vraie ! Celle de maintenant , servie avec la langouste, la rascasse et tout le tra-la-la, est une escroquerie.

- De Marguerite Duras : « Au départ, j’ai bu du whisky, du calvados, ce que l’on appelle les alcools fades, de la bière, de la verveine de Velay – la pire dit-on pour le foie-. En dernier, j’ai commencé à boire du vin et je ne me suis jamais arrêtée. Dès que j’ai commencé à boire, je suis devenue une alcoolique. J’ai laissé tout le monde derrière moi. J’ai commencé à boire le soir, puis j’ai bu à midi, puis le matin, puis j’ai commencé à boire la nuit. «

- Le 12 décembre 1946, une tarte-partie est organisée chez les Vian dans leur appartement. Parmi les invités Sartre, Simone de Beauvoir, Camus, Merleau-Ponty, Queneau,. C’est Noël Arnaud qui raconte : « Tandis que Boris surveille les tartes à la cuisine en compagnie de Simone de Beauvoir, une vive discussion s’élève dans la salle à manger entre camus et Merleau-Ponty. ( … ) Camus est parti en claquant la porte. Sartre le poursuit dans la rue, tente de le calmer. C’est peine perdue : Camus refuse de revenir à sa tarte. Sartre renonce er rejoint la sienne. «

- A propos de Proust : lorsque l’on parlait devant lui des difficultés d’appétit, de digestions et de troubles de l’appareil digestif, il avait une boutade toujours la même ; - où être intelligent et un intellectuel et souffrir toute sa vie du mal à l’estomac et au foie – ou rester un végétatif, qui digère tout, qui peut manger de tout, et qui digère tellement tout qu’il reste embourbé et qu’il ne pourra guère espérer s’élever au- dessus de la vie végétative.

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