" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

dimanche 14 novembre 2010

" La Rue au Moyen-Age ", Jean-Pierre Legay
































Ah ! Mystérieux Moyen-Age ! Et terrifiant à plus d’un titre, il faut le souligner ! Un excellent ouvrage qui étudie, de très près, ce qui se passait dans les rues de jadis. Les dispositifs de la voirie, la pollution, l’urbanisme naissant, l’identification des rues, les petits métiers , le domaine de la marginalité, le pouvoir de la rue, ses fêtes, ses plaisirs, …

J’y ai trouvé en tout cas ce que je cherchais : ce qui est glauque, peu fréquentable, voyou, interdit, et n’ayons pas peur des mots, monstrueux.

Quelques extraits parmi tant d’autres :

- Une habitude rurale, bien ancrée dans les mœurs, consiste à élever des animaux en ville, à les laisser divaguer devant sa porte. Humains et animaux se côtoient dans un espace limité et là se situe le danger. Les volailles sont encore tolérables si elles ne sont pas trop nombreuses ou trop bruyantes. Que dire alors des porcs omniprésents.

- Acte signé par les consuls lyonnais de 1474-1482 : « (… ) En l’an mil quatre cens octante deux, fut fait défense de ne tenir porceaux en la ville excepté deux ou trois de ceux qu’on nomme porceaux de Sainct-Antoine. Davantage fut ordonné aux putains et femmes publicques qu’elles eussent à vuyder des bones et honnorables rues et se retirer au bourdeau «

Bref, les lépreux, les porcs et les prostituées sont mis sur le même plan !

- On fait savoir qu’il est désormais prohibé de jeter des ordures sur la chaussée, (…) d’expédier les eaux usées par les fenêtres …, du moins de jour, ou sans avoir suffisamment averti les passants en criant trois fois « Gare à l’eau ! Gare ! Gare ! « ( Paris, Reims ).

- On dit que le Paris de Villon comptait 3000 « belles filles « , plus celles des faubourgs ; quelques unes doivent d’ailleurs leur notoriété au poète : La Grosse Margot, Marion l’Idole, la Touchaille au dur téton, la Chancelière aux Talons courts, la Grande Gilette, la Grande Hallebardière, la Grande Jeanne de Bretagne, la Lingière du Palais, la Vieille aux cheveux blonds.

- Il faut tenir compte de l’instabilité des humains, confrontés au cours de leur brève existence, avec toutes sortes de malheurs, de dangers, des effets d’une mauvaise alimentation, de l’incapacité pour beaucoup de refréner leurs passions, d’une sexualité exacerbée par des contraintes familiales ou collectives, du mépris des puissants pour les humbles, de l’homme pour la femme… Ajoutons que les armes, les outils pointus ou coupants sont à la portée de toutes les mains.

- Le viol individuel ou collectif est d’une telle banalité dans plus d’une ville qu’on peut parler d’un véritable rite de la virilisation. Et de fait, les archives judiciaires de Dijon laissent supposer que beaucoup de jeunes gens, la moitié peut-être, sont impliqués dans ce type d’affaire, au moins une fois dans leur existence.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire