" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

jeudi 18 novembre 2010

Georges Simenon : " On dit que j'ai soixante-quinze ans "








Simenon et Teresa







Du 21 mars au 13 juillet 1978


A côté des célèbres « Maigret « , de ses tout aussi célèbres romans à thème , ses « romans durs «, comme il aime à les appeler , ses nouvelles, des essais même, Simenon à écrit un journal intime, de toute première qualité, « ses carnets « qui comptent au bas mot au moins plus de trois mille pages ( cela dépend des éditions ).

Dans cet ouvrage, il nous décrit , à chaud, l’époque la plus tragique de son existence : le décès de sa fille Marie-Jo.

On y découvre un Simenon souvent tourmenté, anxieux, et on peut dire à certains moments de sa vie, dépressif. Ici encore, il nous parle de choses essentielles : l’ambition de la race humaine , de ses déménagements ( plus de trente ) dans des pays divers ; il nous conte son affection pour les animaux, ses promenades avec sa troisième épouse, Teresa, de ses problèmes d’ouïe, de vertiges et bien entendu de sa fille disparue.

Extraits :


- Dimanche 21 mai 1978

Hier, à sept heures de l’après midi, j’ai appris par un coup de téléphone de mon fils aîné que ma fille Marie-Georges était morte.

- Un Concile s’est posé la question :

> La femme possède-t’-elle une âme ?

Et la question a été négative.

La même question a été posée à un autre Concile au sujet des hommes de couleur, qu’ils soient noirs, jaunes ou rouges. La question a été aussi négative.

- ( à propos d’un de ses premiers livres « Johan Pinaguet « )

Ce qui m’a souvent irrité, c’est le style, redondant, quelque peu archaïque, volontairement, comme le prénom Johan, et aussi une abondance d’adjectifs. J’en ai souvent trouvé quatre pour un seul substantif, surtout dans la description des personnages. Par contre, j’ai eu la stupeur de retrouver dans ce vieux manuscrit la plus grande partie de mes idées d’aujourd’hui, de mes goûts, voire de mes manies. Ainsi donc j’ai passé plus de cinquante-cinq ans de ma vie sans pour ainsi dire changer, ce qui est une constatation à la fois agréable, mais aussi quelque peu mélancolique.

- J’ai déjà dû citer quelque part cette phrase d’Epictète que j’ai apprise au collège :

> De dix maux pour laquelle nous souffrons par avance, il ne nous en arrive qu’un >.

Neuf fois sur dix, donc, nous souffrons inutilement. Cette phrase est restée, pour moi, tout au long de ma vie, une sorte de credo. Et, au fil des années, l’expérience m’a appris qu’on peut aller plus loin. Je dirais maintenant plus volontiers :

> Ce qui nous apparaît sur le moment comme un mal n’est souvent que la préparation d’un nouveau bonheur, même si nous ne devons le découvrir que des mois et parfois des années plus tard >.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire