" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

vendredi 13 août 2010

" Montherlant et le suicide " Collectif






Atteint de cécité, Henri de Montherlant se donne la mort le jeudi 21 septembre 1972 à Paris, à l’âge de 77 ans. Il se tire une balle dans la tête après avoir absorbé du cyanure. Un suicide longuement préparé. Sa cécité n’était qu’un ennui supplémentaire car sa maladie avait commencé par une agoraphobie, à laquelle s’ajoutaient des vertiges, accompagnés de chutes ainsi que des troubles d’origine circulatoire. Il redoutait également des troubles psychiques et paralytiques.

Cet ouvrage fait le tour complet, d’une part sur l’acte posé par l’écrivain sous la plume de journalistes, de critiques littéraires, et d’autre part sur le suicide. Ensuite, en parallèle, il nous conte la mort, l’autodestruction, voulue et donnée par d’autres personnalités.

En voici quelques uns et pour simplifier et faire vite, les motifs de leurs suicides :

Hemingway : déchéance physique (effroi face à la vieillesse)

Mishima : politique (déchéance de la culture japonaise)

Drieu La Rochelle : politique

Pavese : déchéance générale ( je suis un raté )

Stefan Zweig : effroi devant la déchéance du monde occidental, de l’être humain

Virginia Woolf : troubles psychiques

Romain Gary : déchéance physique

Et encore : René Crevel, Arthur Koestler, Arthur Cravan, Jacques Vaché, Jacques Rigaut.

Un livre qui peut être délicieux, exquis même, si vous également avez chopé ce goût étrange, sulfureux, dans la bouche …

Extraits :

- « Le Néant n’est pas Dieu, mais il en est l’ombre « ( Montherlant )

- 1963. Soixante-huit ans. Montherlant avait eu l’idée que son corps soit « jeté à la voirie « . « Tout ce qui tient au culte funéraire me paraît indésirable. Il est avant tout une fête à la vanité. Ou la vanité du mort, ou la vanité des survivants. Ou les deux «

- ( … ) suivent des réflexions sur ceux qu’on laisse en mourant. Les aime-t-on ? En aime-t-on seulement un ?

- « Le temps est une belle ordure. Il vous dépiaute vivant comme les tueurs des bébés phoques « ( Romain Gary )

- L’écrivain-philosophe Cioran trouve autant de raisons de se tuer qu’autant de ne pas passer à l’acte :

« Celui qui, par étourderies successives, a négligé de se tuer, se fait à soi-même l’effet d’un vétéran de la douleur, d’un retraité du suicide … Le plus grand exploit de ma vie est d’être encore en vie «

« L’accoutumance à la vie, voilà le hic. Car la vie est un vice. Le plus grand qui soit «

( On serait en trop mauvaise compagnie, depuis que « le suicide, seul acte vraiment normal, est devenu l’apanage des ratés «

« Ce n’est pas la peine de se tuer, puisqu’on se tue toujours trop tard «

Et pour finir, de Kafka : « Celui qui se suicide est un prisonnier qui, voyant que l’on dresse un gibet dans la cour, croit que c’est à lui qu’on le destine, s’évade la nuit de sa cellule, descend dans la cour et se pend lui-même « .

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