" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

mercredi 14 octobre 2009

Des p'tits noms d'oiseaux


Voici un dialogue pas, piqué des vers, extrait de la pièce d’Eugène Durif « Divertissement bourgeois « vue au théâtre de l’Etuve.




Etienne : Salope, ma robe, ma robe …

Sophie : Cabotin endimanché. J’en fais ce que je veux, c’est moi qui l’ai faite ! Couille molle …

Etienne : Ethylique demi-mondaine. Pauvre fille ! Tu n’as jamais rien compris à rien …

Sophie : Minable… Tout juste bon à aller jeter à la rue des gens qui n’ont plus rien du tout.

Etienne :Epave imbibée. Tu en vis, et bien, de mes saisies.

Sophie : Viens me le dire plus près. Que je te souffle mon haleine pourrie à la gueule, chiffe molle, atrophié de tout, rien dans le cœur, rien dans le ventre !

Etienne : Tu vas me le payer, pétasse ! Va donc te prostrer ad aeternam sur le divan de Procuste, feignasse !

Sophie : Qu’est-ce que tu as entre les jambes, atrophié de même là …

Etienne : Tu t’es regardée, un peu ? C’est au-delà de tu-te-laisses-aller … Tes relents d’entre deux vins, ta diction pâteuse, ton bavardage inconsistant et j’en passe, et j’en passe …

Sophie : Béotien sans grâce … Tu crois peut-être qu’il suffit de s’habiller pour être élégant … On ne peut pas tout acheter … Macaron d’escarboucle …

Etienne : Si je ne t’avais pas tirée du ruisseau, probable que tu arpenterais le tapin à l’heure qu’il est ! Tu ne t’es jamais demandé à quoi tu pouvais bien servir dans l’existence …

Sophie : L’ordure … Tapiner, ce ne serait pas plus mal que de dépendre d’un argousin foireux, d’un talbin fouinard, pour qui j’ai gâché ma vie, gâché ma vie …

( il la gifle. Elle le gifle. Ils roulent à terre )

Vas-y, cogne-moi, impuissant …

Petit bourgeois vulgaire et nul, tout confis et confiné en lui-même. Nul, tu es nul. Et ça se prend pour un artiste…

Laissez-moi rire, tiens, laissez-moi rire …

Etienne : Va dégueuler sur ton divan … Va te dégueuler toute entière. Dégueule-la, ta vie… Ce que t’en fais à part te questionner sur elle avec ce pauvre con de Lesourd pour qui tu es une vraie rente ?

Sophie : Va t’astiquer à l’esthétique, ramollo du chibre , te remuer le limaçon tressautant, t’agiter le vermicelle, tire et tire dessus jusqu’à ce qu’il te reste dans la main… C’est bien la seule chose que tu sois capable de faire…

Etienne : Va te faire mettre profond, pocharde nymphomane …

Sophie : Pédé de merde…Faut que je sois tombée sur un pédé de merde qui a rien sous sa robe, rien … Tu peux te la frotter dans la soie, c’est pas ce qui va la faire dresser … Un bout de temps que je n’ai pas arqué … Couille molle … Couille molle …

Etienne : Va te chier …

Sophie : Ta mère !

Etienne : T’emmerde ma mère …

Sophie : Demi-giclée qu’elle a mis bas, résidu de bidet passé au travers on se demande pourquoi …

Etienne : Encore un mot sur ma mère, tiens, encore un mot sur ma mère.

( il se jette sur elle )

Sophie : Sûr qu’elle a pas dû souvent s’envoyer en l’air …

Etienne : ( commençant à sangloter ) Parle pas comme cela de maman !

Sophie : Bande mou !

Etienne : ( reprenant du poil de la bête ) Ah, c’en est trop, traînée …

Sophie : ( brûlant ses dernières cartouches ) Essaye donc de m’approcher, essaye donc de me frapper, eunuque pommadé !

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