" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

mardi 10 mars 2009

Textes délicieux, oui, da ! , quelques perles ...




Les Fables > Livre VIII >
Les Femmes et le Secret
De Jean de La Fontaine

Rien ne pèse tant qu'un secret
Le porter loin est difficile aux Dames :
Et je sais même sur ce fait
Bon nombre d'hommes qui sont femmes.
Pour éprouver la sienne un mari s'écria
La nuit étant près d'elle :
O dieux ! qu'est-ce cela ?
Je n'en puis plus ; on me déchire ;
Quoi j'accouche d'un oeuf !
- D'un oeuf ?
-Oui, le voilà
Frais et nouveau pondu.
Gardez bien de le dire :
On m'appellerait poule.
Enfin n'en parlez pas.
La femme neuve sur ce cas,
Ainsi que sur mainte autre affaire,
Crut la chose, et promit ses grands dieux de se taire.
Mais ce serment s'évanouit
Avec les ombres de la nuit.
L'épouse indiscrète et peu fine,
Sort du lit quand le jour fut à peine levé :
Et de courir chez sa voisine.
Ma commère, dit-elle, un cas est arrivé :
N'en dites rien surtout, car vous me feriez battre.
Mon mari vient de pondre un oeuf gros comme quatre.
Au nom de Dieu gardez-vous bien
D'aller publier ce mystère.
- Vous moquez-vous ? dit l'autre :
Ah ! vous ne savez guère
Quelle je suis.
Allez, ne craignez rien.
La femme du pondeur s'en retourne chez elle.
L'autre grille déjà de conter la nouvelle :
Elle va la répandre en plus de dix endroits.
Au lieu d'un oeuf elle en dit trois.
Ce n'est pas encore tout, car une autre commère
En dit quatre, et raconte à l'oreille le fait,
Précaution peu nécessaire,
Car ce n'était plus un secret.
Comme le nombre d'oeufs, grâce à la renommée,
De bouche en bouche allait croissant,
Avant la fin de la journée
Ils se montaient à plus d'un cent.





LE MONDE DES KAMIS



« A l’aube du 8 ème siècle, dans le premier livre d’histoire qui est aussi la Clef des Songes, voici ce que l’on raconte :

Descendu du Ciel il y a fort longtemps, un couple d’esprits, les Kamis, agitèrent une lance dans le sel marin. En la faisant s’égoutter, ils créèrent une première île. Ils s’installèrent sur cette île. Ils découvrirent l’acte sexuel et ils donnèrent naissance à bien d’autres îles qu’ils peuplèrent de Kamis. Kami de la montagne, du vent, de la plaine, de l’herbe, du sable. Jusqu’au Kami du feu qui brûla sa mère. Confronté soudain à la mort et horrifié par le cadavre putréfié, il courut faire des ablutions dans une rivière. Lorsqu’il lava son œil gauche, voici qu’apparût la plus belle de ses filles : le Kami du Soleil. Mais en frottant son nez, il fit apparaître le mal impétueux, le frère insupportable et le premier drame plongea l’archipel dans l’obscurité totale. Et oui ! Frère et sœur s’étaient bagarrés, et la sœur, le grand Kami illuminant le ciel, boudait dans une caverne céleste. Sur Terre, c’était la nuit sans fin. Quelques Kamis décidèrent alors de monter un spectacle pour éveiller la curiosité de leur consoeur et la faire sortir de sa caverne.

Les Kamis ne sont pas véritablement des Divinités. Ils représentent un souffle, une force spirituelle. Ils sont présents dans tous les éléments de la nature et même les objets fabriqués par l’homme. La chronique en dénombre 8 millions . C’est une société secrète et invisible, une composante appréciable de l’âme japonaise, les protagonistes d’un songe perpétuel.

La lumière revint quand le Kami du Soleil, intriguée par un miroir qui lui était tendu, fit sa apparition. Le miroir deviendra le symbole hautement vénéré de la famille impériale, en quelque sorte de toute la nation japonaise. Afin que le Soleil ne puisse jamais retourner dans sa caverne, un Kami astucieux accrocha à l’entrée un solide cordon, le Chiménawa.Le Chiménawa délimitera désormais tous les lieux sacrés.

Les Kamis s’endorment parfois. Il faut alors les réveiller. C’est l’occasion de fêtes terribles, dangereuses, exaltantes. Elles commencent souvent par de solides rasades de saké, l’alcool divin. Tout a l’air de se passer dans la confusion la plus totale, mais ce qui compte, c’est le coude à coude avec les Kamis dans la chaleur insoutenable et la menace des flammes.

Les Kamis n’avaient aucune forme jusqu’au jour où le Bouddha fit son apparition sur le sol japonais. Alors, pour ne pas être en reste et pour accueillir ce dieu étrange, ils prirent une apparence humaine.

D’une manière générale, les Kamis sont plein de bonne disposition à l’égard des humains. Pour autant qu’ils soient japonais… «

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