" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lidge

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jeudi 15 mars 2012

Georges Simenon : " Maigret et la Grande Perche "


Ingrédients. Prenez une ex-fille de joie (la Grande Perche), un perceur de coffres-forts (Alfred-le-Triste), un dentiste et sa mère, une épouse (quoique …) d’origine hollandaise, un peu de poison, un révolver à crosse de nacre, deux ou trois inspecteurs, des rues de Paname et vous aurez un bon Maigret (mais peut-être pas le meilleur).
« Où Maigret n’est pas très fier de son boulot mais où il n’en a pas moins la satisfaction de sauver la vie à quelqu’un. »

dimanche 11 mars 2012

Patrick Devaux : " Les Mouettes d'Ostende "



Brève nouvelle d’une trentaine de pages, onirique, poétique. L’auteur nous y parle
d’Ostende,
de mouettes,
d’estran,
de café serré
d’horloge, de montre, de banc
d’une fille
d’un voyeur,
d’art et d’éternité.
Entends-tu la mer d’Ostende ? Entends-tu les mouettes ? As-tu revu la fille ?
Quelle heure est-il ?
Marie dit : «  c’est comme de la poésie ! « 

Extraits :

-  Elle avait, en tout cas, nettement, les yeux gris. Un gris de ciel d’automne, à faire mourir d’amour un parapluie.
- Ou bien alors, l’Art n’est rien. Rien du tout
   Un simple hasard
     Dans ce cas, il faut le laisser choisir.
-  La mer restait la même, tout en changeant à chaque seconde, fidèle au ciel, aux mouettes et à l’estran.

mardi 6 mars 2012

Elena Janvier : " Au Japon, ceux qui s'aiment ne disent pas je t'aime "



"En l’an 1585, le père jésuite portugais Luis Frois fit paraître un essai intitulé : Européens et Japonais, traité sur les contradictions et différences de mœurs."
427 ans plus tard, Elena Janvier revient sur ces comparaisons. Certaines n’ont pas changé d’un kanji (d’un iota, si vous préférez) ; d’autres ont évolué ; d’autre encore se sont ajoutées car maintenant nous empruntons le métro et l’avion, nous manipulons à longueur de journées nos gsm, nous regardons la télé, …
Sous forme d’abécédaire, voici une étude des nos mœurs : a l’est la péninsule nippone, à l’ouest le vaste occident. Le tout avec une minutie, toutefois non exhaustive, mais heureusement truffée d’humour.
Quelques mots-clés : hygiène, jeunesse, religions et kamis, les heures et le temps, nudité et érotisme, poésie et théâtre, les saisons, les bus, les machines à laver, la viande et le poisson, les mangas, …
Se lit avec intérêt et délectation (pour la petite histoire, je n’ai pas tout compris, mais c’en est une autre – d’histoire -).
Quelques extraits pour vous en donner un avant-goût :

-  On ne tient pas l’alcool et il y a une raison : une enzyme en moins dans l’organisme de 80 % de la population japonaise (…)
- Au Japon, il n’y a pas d’histoires belges.
-  Selon des amies bien informées, l’homme japonais, au bord de l’extase, s’exclame ou murmure, selon : Iku-Iku ! (quelque chose comme : j’y vais, j’y vais !). Autant être prévenue, non ?
-  Au Japon, aucune vache ne regarde passer les trains.
-  Le premier train à grande vitesse japonais, le shinkansen, s’appelait Kodama (Echo). Puis il y eut un train plus rapide, qu’on appela, Hikari (Lumière), car il allait encore plus vite que l’écho. Il y a maintenant des trains encore plus rapides, bien plus rapide que la lumière. Ceux-là, on les appelle Nozomi : Espoir.
Le prochain train rapide ne s’arrêtera plus nulle part et arrivera avant de partir, mais comment l’appellera-t’on ?

dimanche 4 mars 2012

Eriko Nakamura : " Nââândé ! ? "



Il y a bien «  ô tempora, ô mores «, autres temps, autres mœurs. Il y a encore : autres continents, autres mœurs. Et ce n’est pas la mondialisation qui changera l’affaire. Ainsi, un Français restera toujours typiquement français, un Parisien furieusement parisien, un Belge loufoquement belge. Un Japonais sera quant à lui insulairement nippon. C’est le premier principe pour apprécier ce livre délicieux.
Le second réside dans ce qu’il est convenu d’appeler le syndrome de Paris. «  Il provient du décalage entre le Paris rêvé et le Paris réel et touche principalement des Japonais qui visitent la capitale pour la première fois. Hallucinations, chaleurs intenses, accès de folie, sentiments de persécutions (…) certains sont même rapatriés d’urgence au Japôn avec ce conseil du professeur Ota : ne revenez jamais plus à Paris ! « 
Le troisième est contenu dans la signification du titre : «  Nââândé !?, interjection manifestant la stupéfaction et le trouble face à un acte ou un comportement jugés choquants qui peut être traduit par : oh là la ! mais que se passe-t’il ! ? ou, non, ce n’est pas possible ! ? « 
Eriko Nakamura nous raconte son bonheur d’être devenue Parisienne mais également son effroi devant les attitudes barbares des Occidentaux. Tout y passe, en une vingtaines de rubriques, dont le métro, les grands magasins, la grève, le restaurant, les enfants, le look, les toilettes, le maquillage, le médecin, le sexe, le couple. Parfois, on se dit qu’elle pousse le bouchon un peu trop loin alors que, peut-être, nous sommes tellement englués dans nos incivilités que nous n’ en apercevons même plus la monstruosité.
Si Eriko Nakamura, ici, pointe du doigt nos travers, elle reste assez objective et ne manquera pas d’épingler ceux des Japonais ; elle se montre même très sévère quand elle parle des couples et de la vie des femmes au Japon …
C’est trop drôle !

Extraits :
-  A Tokyo, les restaurants de sushis sont petits et les prix … à la tête du client. Autant dire que ceux qui sont de passage paient le prix fort.
- (…) il y a deux types de Français. Les Parisiens et les autres. C’est fou comme les gens sont plus gentils dès qu’on s’éloigne de Paris.
-  Ne plus être considéré comme Japonais – le cauchemar nippon par excellence  

vendredi 2 mars 2012

René Henoumont : " Les enquêtes du commissaire Fluet, volume 3 " La nièce du notaire ", " Le café de la marine "





Le commissaire Fluet est maintenant à la retraite. Comme son épouse ne tient pas du tout à ce qu’il traîne dans ses pieds toute la journée, elle l’a persuadé d’ouvrir une agence de détective sur un des boulevards de Liège (celui d’Avroy). Elle espère aussi que, grâce à ses cachets,  son bonhomme de mari aura le bon goût de lui offrir le cadeau des ses rêves : un vrai vison (entendez un manteau).
Dans «  La nièce du notaire «, notre bon commissaire va émigrer en Brabant Wallon dans un bled nommé Barrelecon (sic !) sur la trace d’un pyromane et de Rachid, petit trafiquant de came. On poussera même une pointe du côté de Comblain. Soit le pyromane et les Bonnie and Clyde de Martinrive-Liotte. Ambiance !
Dans «  Le café de la marine «  retour à Liège, plus particulièrement à Coronmeuse-Herstal où sévit un coupeur de tête dans des atmosphères très couleurs locales, une fois de plus et pour notre plus grand plaisir. Quel rapport y a-t-il entre un prêteur sur gages, un huissier et un juge de paix ? La solution, vous la trouverez dans la lecture de cette nouvelle.
Ah ! Important ! Nous n’oublierons pas la secrétaire de Fluet, mademoiselle Gene, qui y joue un rôle majeur et qui porte des mini-mini-mini-jupes. Hé ! Tant qu’à faire !


Extrait :
(à propos d’une ville du Brabant wallon)
 Il ne restait de la ville ancienne que des remparts épars, et, ça et là, un édifice restauré au siècle précédent. Sur la place principale, un kiosque à musique semblait grelotter dans le vent. Comme souvent en Wallonie, la Maison du peuple avec son opus incertum en mosaïque à l’italienne était une hérésie urbanistique. Pas gâtés les camarades à moins qu’ils n’aiment ça ! Dans la rue de la Gare, il dénombra autant de boucherie-charcuterie que de pharmacies. A croire que les unes faisaient vivre les autres. Les rares passants étaient obèses. La viande aux hormones, ça donne la gonflette.

lundi 27 février 2012

Marcelle Nisen est partie ...








C’est jeudi dernier, alors qu’elle venait de rendre un dernier hommage au funérarium de Gouvy à son amie Georgette Mélan, que Marcelle Nisen fut prise d’un méchant malaise. Elle fut emmenée à l’hôpital de Saint-Vith où elle décéda dimanche à l’aube.
Voici l’heure du recueillement, l’évocation de sa vie qu’elle mena, tambour battant. Je me permets d’évoquer ici deux anecdotes.
La première constitue peut-être un de mes plus lointains souvenirs. Je devais être tout mioche, cinq ans peut-être, sais plus … Que s’était-il passé à la maison ? Avais-je fait enrager une de mes sœurs ou avais-je encore fait mon malin, toujours est-il que mon paternel m’avait envoyé bouler, style «  file dans ta chambre ! «. Je me vois encore, pleurant sur une marche des escaliers du premier. Et je vois Marcelle, bonne âme, qui était montée pour me consoler … J’entends encore sa voix et ses propos apaisants … Toujours est-il qu’elle me prit par la main et me ramena auprès des miens. Ouf, l’incident était clos. Merci, Marcelle !
Une autre. Fin des années ’80, nous avions été à une réunion des familles de la descendance des «  Nisen «, du côté de Bastogne. La journée avait été  agréable et également bien arrosée. Pour revenir sur Gouvy, nous étions dans la voiture de Tantine : maman, Marie des Voye-dî-Salm, parrain Louis, môa et Marcelle au volant. J’ai rarement vu quelqu’un qui sait faire autant de choses à la fois en conduisant une bagnole : fumer deux cigarettes en même temps, se moucher dans cinq Kleenex à la queue-leu-leu, tenter, tout en conduisant ,de ramasser ce fichu trousseau de clés qui est tombé par terre, et entre deux quintes de toux tonitruantes, faire tous les commentaires possibles et imaginables rapport à la journée de retrouvailles que nous avions vécu. Dieu sait pourquoi, mais Marcelle ne parvenait pas à rouler bien droit sur la chaussée et je me demande encore aujourd’hui comment nous avons pu échapper à un tonneau ou à une embardée de première ? Oufti ! A mon avis, ya des anges gardiens, par çi, par là ...
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Tante Marcelle avait son caractère et moi le mien. Mais nous avions, à tout bien réfléchir, plus de points communs qu’il n’y paraît à première vue. Tous deux célibatoches, sans enfant, par choix ; todi è voye (toujours en route), vous connaissez tous et toutes ses innombrables destinations, en toutes saisons : Turquie, Tunisie, Espagne, France, la Belgique du sud au nord, d’est en ouest, j’en passe et des meilleurs ; un goût – parfois immodéré, mea culpa ! – pour la dive bouteille (pécket, par exemple). C’est déjà pas mal.
Voici que, dans ma famille en tout cas, nous sommes de vrais orphelins à c’t’heure : plus de parents, plus d’oncle et la dernière tante vient de s’en aller.
Ouin ! Que veux-tu, m’fî : c’est la roue qui tourne !

Bon voyage, Marcelle !
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Extrait du livre « "Gouvy, 23 villages à découvrir au coeur de la Haute Ardenne", retrouvons ici la verve de not’ Marcelle


« J’avais 11 ans à l’époque, et j’étais déjà assez délurée; aussi, lorsqu’il y avait possibilité d’éviter la messe matinale et de la remplacer par une autre activité plus agréable, je ne manquais jamais l’occasion.
Durant les quatre longues années de guerre que nous venions de subir, les occupants allemands avaient, à plusieurs reprises, saisi une partie de notre troupeau de vaches et quelques porcs. Pour éviter que cela se reproduise, surtout en cette période de retraite mouvementée de l’ennemi, mon papa avait « caché » quelques vaches laitières dans une pâture, à l’écart des chemins fréquentés et dissimulées aux regards indiscrets par quelques rangées de sapins, aux alentours de Cherapont, non loin de la route de Rettigny.
Ce matin-là, vers 7 heures, je m’étais donc rendue dans la prairie pour aller traire le bétail, en compagnie de papa et de mon frère Louis. Alors que nous rentrions vers Gouvy, chargé de nos cruches, par un chemin détourné pour éviter d’éventuelles mauvaises rencontres, nous avons été brutalement surpris par un vacarme infernal, un indescriptible bruit de fin du monde, un tintamarre jamais encore entendu auparavant, plus violent que toutes les explosions dont nous avions malheureusement trop souvent fait notre quotidien. Le sol s’est mis à trembler violemment tandis qu’une étrange lueur semblait jaillir des bois du « Beuleu » avoisinant. « Couchez-vous », nous cria mon père effrayé. Nous nous jetâmes alors sur le sol, la tête cachée par les fanes des pommes de terres plantées à cet endroit. « Fameuse cachette, en vérité, nous étions bien protégés par ces légumes…». Alors que je me serrais contre mon père et mon frère, curiosité toute féminine, j’ai malgré tout eu le courage de jeter un petit coup d’oeil vers l’origine du vacarme. C’est alors que j’ai pu distinguer, dans une lueur éblouissante, accompagné d’un sifflement strident et assourdissant, un objet énorme et étrange qui s’éleva dans les airs puis disparut au loin.
Il faut dire que la veille, étrangement, alors que les troupes d’occupation se repliaient en direction de l’Allemagne, un convoi transportant une espèce de gigantesque échafaudage (j’apprendrai plus tard que c’était la rampe de lancement) et des tubes énormes, sur des camions soigneusement bâchés, avait traversé le village en provenance de Beho.
Quelques jours plus tard, en écoutant secrètement la Radio de Londres, nous avons appris qu’il s’agissait du lancement de fusées V2 en direction de Paris. Une seconde fusée est partie, du même endroit, vers 11 heures du matin et s’est écrasée, 5 minutes plus tard, à une vitesse de 8.500 kilomètres/heure, sur Maisons-Alfort, provoquant des dégâts considérables et tuant une quinzaine de personnes.
Qui aurait pu imaginer, en ce 8 septembre 1944, à 8 heures du matin, qu’une petite paysanne comme moi allait être une des rares privilégiées à assister au premier lancement opérationnel de ce qui est encore aujourd’hui considéré comme l’ancêtre des fusées spatiales. »
Marcelle Nissen, la petite fille de 1944, qui nous a narré ces évènements, est la dernière survivante ayant assisté au premier tir de la fusée V2 depuis le lieudit « le Beuleu ». Raymond Boulanger, exploitant du complexe touristique de Cherapont, a assisté, quant à lui, au lancement de 11 heures qui a frappé la petite ville française. Les évènements relatés ci-dessus ont été confirmés, en 1996, par l’armée allemande.

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  N’oublions pas parrain Louis, le poète wallon , décédé lui en 1990 .
Bondjou’ , Parrain !


" Li grand feû "


Qwand l' samin.ne di d'vant, l' cwarème ariveût,

Tos lès gamins di mi âdje, sondjint â grand feû.

I parèt qu' si par mâleûr on l' rovyieût,

Oût di l'anée minme, one mahon do viyadje broûleût.

C'èst po çoula qu' lès djins èstint d'acwârd,

Si ça n' fiseût nin d' bin, ça n' fizache dja do twârd.

Ci côp la, on v'leût sorpasser lès otès-ans,

On s'î aveût mètou dispôye li dimègne di d'vant.

On l' freût co ol plèce qu'on l'aveût todi fé,

Pace qui d'la, on l' wèyeût bin di tos lès costés.

On ramassa avâ l' viadje, tot çou qu'i faleût,

Gn-a qui d'nint dès fagots, do strin, ou tot çou qui broûleût.

Dj'ènn-avint deûs grosses tchèdjes qu'on z-aveût rastrindou,

Èt gn'gn-aveût on spès broûyard qu'aveût duri tote djoû.

On distchèrdja tot ça, èt a fêt, on lès maç'neût,

On n'aveût jamês vèyou on si gros hopê qui gn-aveût.

Lès djins do viadje si d'mandint çou qui s' passeût bin.

Tot aveût l'êr qu'on comploteût, mès nouk ni vèyeût rin.

Li nut' ariveût, èt dji divnint bin nièrveûs,

Li broûyard ènn-aleût, èt nosse feû, on l' vièreût

Lès parints pôrint bin sèy fîrs di leus gamins,

Mès… On z-areût di qu' dès strins i gn-aveût bin brâmint !

L' momint èsteut v'ni d'aloumi, èt ça fout bin vite è trin,

On n'aveût mây vèyou parèy feû, d' vèye di djins.

Dji fourins bin fièsti, èt qwante côp rabrèssi, èt on z-ala dwarmi.

Mês l' landmin, qwand dji rivnins do scole, ça aveût bin candji.

Dj'atrapins one fameûse angueûlâde, pwîs coûtchi sins sopi.

On gos hopê d' fagots, one dimé môye di strin, c'èst çou qu' dj'avins hapi,

Dji vûdins nos tirlîres po payer tot çou qu' dj'avins brouli,

Èt l'an d'après, on n' djâza pus d' fé l' grand feû a Goûvî.

Louis Nisen, le 18/01/1980.

Glossaire :

Dispôye : depuis. / hapi : prendre. / hopê : tas. / maç'ni : mettre en tas. / mây : jamais. / môye : meule. / nouk : personne. / qwante : combien. / rastrinde : ranger, mettre en ordre. / rovyi : oublier. / strin : paille. / tchèdje : charge. / vèye / vie.

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Les poèmes de Parrain Louis ici :

http://rifondou.walon.org/nisen_louis.html


dimanche 26 février 2012

Georges Simenon : " Betty "

  


Le premier chapitre est – sciemment – nébuleux. Et pour cause, Simenon nous décrit la dernière cuite (ivresse) de Betty. Cette jeune épouse a deux enfants mais son mari vient de la mettre à la porte (vous en découvrirez la raison). Elle a échoué au «  Trou «  un bar parisien et c’est Laure qui l’a accueilli dans son appartement. Petit à petit, nous découvrons les blessures de Betty qui se sent salie, du bout des cheveux jusqu’à la plante des pieds.
«  Ce n’est pas parce que mon mari m’a chassée, parce que les Etamble m’ont exclue du clan, de la famille, que je me suis mise à boire. Ce n’est pas non plus parce que j’ai vendu mes enfants. Je peux vous réciter le texte par cœur (…) »
 Une fois encore, une longue descente dans l’abîme. Ce roman est – tragiquement – féminin. Et vous l’avez deviné, il traite également de l’alcoolisme.

Extraits :
-   «  - Que t’a-t-elle dit encore ? « 
«  - Elle en a tant raconté que j’en oublie. Vois-tu, c’est une malheureuse. Elle passera         sa vie à courir après quelque chose sans jamais savoir quoi. « 
« - Elle a des yeux de bête perdue « 
« - Elle finira peut-être, comme un chien perdu, par trouver une bonne âme qui l’adoptera « 
-  A propos de Simenon : «  Pour l’atmosphère, le caractère, l’intensité, l’humour et par-dessus tout pour l’humanité et la connaissance de la masse pathétique et malheureuse (…) personne ne l’égale, personne. »
                     John Cowper Powys